Le Seigneur des Anneaux RPG : Mille Ans Après
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 [Amon Lanc] Le Roi du Nord reçoit des doléances

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MessageSujet: [Amon Lanc] Le Roi du Nord reçoit des doléances   Sam 9 Juil - 18:51

En ne voyageant que de jour, les huit hommes avaient pris un temps phénoménal à atteindre la colline d'Amon Lanc, connue pour avoir abrité une des plus grandes citadelle du Mal : Dol Guldur. Autant dire que l'impatience et l'envie n'étaient pas les premiers mots sortant de la bouche de nos hommes. Si Kelron ne croyait pas aux "fadaises", son frère était moins fermé. Bien évidemment, l'aîné ne niait pas Dol Guldur, mais il disait simplement que le passé était le passé. Après tout, un soldat doit surmonter sa peur. “ C'est la peur de la mort qui fait qu'un soldat, aussi bien équipé puisse-t-il être, est faible. En imaginant un instant cette image de notre corps dans un cercueil, le soldat se surpassera. ” C'était une leçon de son père. Et si Denoris disait que l'Homme était prêt à mourir, à un moment de sa vie, le fait qu'il ne le soit pas est beaucoup plus présent. Alors que le groupe entama sa dernière pause avant un dernier galop pour Amon Lanc, Derian se demanda comment allait être leur accueil. Kelron le savait, ils allaient être accueillis en paysans. C'était bien normal car c'est ce qu'ils étaient. Si Derian Cillier est fils ainé d'une riche famille de commerçants, qui a profité de l'Empire, il a renié tout son héritage pour les autres, les opprimés. Et, même si sa magnifique épée cachait sa pauvreté, il était bel et bien pauvre. Quant aux deux frères Enoras, et à Yon Nethir, dont les familles se revendiquent comme d'anciennes familles nobles combattantes aujourd'hui exilées, cet héritage ne changera rien. “ Il faut simplement rester droit, honneur sauf, cœur serein et âme chargée de volonté ” répétait Kelron. Il n'avait pas peur. Il savait bien qu'il ne risquait pas directement sa vie, là bas. Pourquoi on tuerait un volontaire ? Par contre, l'humiliation était plausible. Un Roi qui se rie de lui, parce qu'il a simplement combattu l'Empire et qu'il n'a rien d'autre à offrir. Cette idée le tourmentait. Il voulut imaginer comment il réagirait. Crise sanguinaire qui conduira à un bain de sang, ou simple honte qu'il intériorisera ? Quoi qu'il en soit, il préféra avoir la surprise. Qui aimerait rencontrer des nobles ? “ Quand on les voit se pavaner, on a juste envie de les détrousser, ou de les violer, si ce sont des femmes .” raillait Hecthorne.

Au fil des villes traversées, Kelron et ses hommes savaient à peu près à quoi s'attendre. On leur avait dit que le Roi Blakewyne était mourant, et que son neveu, Lankenwi allait affronter son fils Birumsavi dans un duel où, le gagnant serait le nouveau roi. Autrement dit, la couronne aura peut être changé de tête d'ici là. Quelle terrible nouvelle, la mort du Roi Blakewyne. On leur avait dit que Blakewyne alimentait les réseaux de résistance et les rébellions dans les royaumes dominés de l'Est. Mais ça, ils le savaient déjà. Cependant, ils n'en sauront plus qu'après être arrivé à Amon Lanc. Si on en croit les dires, Kelron et ses hommes devraient s'attendre aussi à une délégation marchande. Au final, Derian, lui, préféra improviser en fonction de ce qu'ils auront tous. Comme si ça ne suffisait pas, de vulgaires bandits attaquèrent les huit hommes, blessant Hecthorne à l'épaule et aux côtes. Si Andran Dassel l'avait pris sur son cheval pour l'aider, il fallait tout de même faire vite. Ainsi, ils avaient voyagé nuit et jour sur les dernières bornes. Heureusement pour eux, Hecthorne était un dur à cuire. Il avait tenu tête à l'inconscience plusieurs fois. Cet homme avait tout vu. Avec son corps couvert de cicatrices, il était un soldat de première ligne redoutable. Il semblait intuable, alors que l'endurance n'était pas son fort. Cet homme ne misait que sur sa force physique pour terrasser ses adversaires aussi rapidement que possible. Il est vrai que ce gars était un vrai colosse. Grand et fort, il voulait mettre à profit ce trait pour faire partie d'un corps d'armée lourd. Évidemment, l'agilité n'avait pas sa place. Cela dit, bien que ce style de combat était tout le contraire du sien, il n'en niait pas moins l'utilité de ce style de combat.


◊ ◊ ◊ ◊ ◊ ◊

Immense ! C'était comme ça que l'on pouvait décrire Amon Lanc, quand on n'a jamais vu de telles villes. Habitué à des villages de paysans, petit mais bondés, Kelron n'avait jamais pu imaginer la grandeur d'une ville comme Amon Lanc. Seul Derian et Azeron ne semblait pas si étonné. Si Derian est né dans une famille aussi riche que peut le démontrer la qualité et la beauté de son épée, mieux vaut ne pas imaginer la ville dont il est originaire. Quant à Azeron, né à Rhosgobel, il avait surement vu à quoi ressemblait ces cités. Il avait simplement la volonté de se battre pour le Nord, c'est pour cela qu'il a rejoint la Brèche, il y a maintenant quinze ans de cela. Aujourd'hui, c'était le plus âgé qu'ils avaient reçu dans leur village de résistants. À l'époque où ils s'étaient rencontré, Kelron avait vingt trois ans, Denoris avait ses vingt-et-un ans. Azeron en avait vingt huit. Aujourd'hui, Kelron a trente ans, et Azeron trente cinq. “ Plus que cinq ans avant la retraite ! ” disait-il. Évidemment, c'était une blague. Une blague pas si drôle, parce qu'elle rappelait à ce Azeron lui-même qu'il s'approchait de plus en plus de la fin. La fin de sa carrière pseudo-militaire. Derian et Denoris, ainsi que Yon et Kelron se sont rendus témoins de sa bravoure, de son talent et de son expérience. Dommage que cet homme ne souriait jamais. C'est une question que Derian lui avait un jour posé. Il avait répondu “ Rien de ce qui m'entoure me permet de sourire. Mes frères brûlent, mes sœurs saignent, mes pairs craignent. ” avait-il répondu.

Le crépuscule était passé quand Kelron et Derian menaient la marche vers l'entrée. Denoris était derrière aux côtés de Yon. Joan et Azeron fermaient la marche, tandis qu'Andran et Hecthorne se tenait entre les deux lignes, à couvert des attaques de front, et aussi de revers. Heureusement pour eux, les portes étaient ouvertes, mais mieux gardée. Une véritable forteresse. Ils entrèrent et installèrent leurs chevaux à l'écurie, qui se trouvait à proximité de l'entrée. Ils firent un bout de chemin à pied ensemble. Se rapprochant du palais, Kelron donna les consignes.

« Bon. Il fait nuit, et nous y voilà. On doit se séparer, car Hecthorne doit se reposer. Azeron, Andran, Joan, trouvez un endroit pour soigner Hecthorne. Derian, Denoris, Yon et moi, nous allons au palais trouver nos amis. Allez. »

En découpant ainsi le groupe, Kelron savait très bien qu'Azeron n'avait aucune envie de rencontrer les nobles. Il pensait que Joan n'était pas encore prêt. Il était jeune après tout. Hecthorne était blessé. Enfin, Andran devait veiller sur les autres. Puis ça faisait un découpage équilibré. Le groupe d'Azeron fut le premier à partir pour trouver un endroit où ils pourraient s'arrêter.

Kelron menait la marche droit vers le palais. À ses côtés, il y avait Derian, duquel il s'était beaucoup rapproché durant leur voyage, tout comme Denoris s'était rapproché de Yon Nethir. La marche était silencieuse. Personne ne disait mot. Jusqu'à ce que Derian prit la parole.

« Que comptes-tu leur dire, quand tu seras face à eux ?
– Aucune idée. Après tout, tu as bien dit qu'il fallait improviser. On ne sait pas comment ils seront organisés. »

Derian ne répondit qu'avec un bougonnement. Il savait que c'est ce qu'il avait dit. Et, il avait beau avoir côtoyé des personnes riches avec son père, il ne savait pas trop à quoi s'attendre. Les autres encore moins. Mais, s'ils sont réellement d'anciennes familles nobles, il fallait partir de là. Ils n'étaient plus très loin du Palais, et tout le monde restait songeur. Derian brisa, une nouvelle fois, le silence.

« Tu arrives, et tu leurs dis.


Perdre un père, pilier éternel de notre cœur,
Renforce notre haine, et nous prenons les armes,
Pour venger nos pairs, et canaliser nos larmes,
De tristesse d'âme, pour affronter notre peur.

Enfin, un truc dans le genre…
– Derian ? Tu te fais poète maintenant ? s'étonna Kelron.
– On a déjà Denoris, et il suffit amplement. ajouta Yon.
– Non mais… dis-toi que ça marque toujours le coup. répondit-il.
– Un poème ? Chez des nobles ? Ah bon… lâcha Kelron.
– En alexandrins je te prie. Enfin, ce l'est si tu dis “ notre-euh ” et pas juste “ notre ”. N'est-ce pas Denoris ? insista Derian, de manière joyeuse.
– Attends, laisse moi essayer. *il prononça le poème en insistant sur les règles de prononciation et sur les syllabes* Ça doit le faire, oui. Je ne te savais pas écrivain, toi. admit l'intéressé.
– Attends, j'en ai un autre.


Au printemps, le sommeil ne cesse dès l'aurore,
Partout se font ouïr les gazouillis d'oiseaux,
La nuit s'achève enfin, dans le souffle des eaux,
Qui sait combien de fleurs seront tombés encore.

– He beh…
– Celui là, je le réciterai à une femme pour lui faire la cour. *il se marre un bon coup* On a souvent ça chez les riches, crois moi… Justement, ça marque le coup. Mon père récitait toujours un poème quand il allait chez un de ses amis riche. Bien qu'il ne soit pas un exemple, il l'est peut être la dessus. se résigna Derian.
– Ça se tient. En tout cas, il faut décider de la marche à suivre, nous ne sommes plus très loin du trône. » dit Yon, en pointant l'entrée de la salle du trône.

Kelron se retourna vers le palais. En effet, Yon avait raison. Depuis, il n'avait pas baissé les yeux. Il était resté concentré sur son objectif. Il ne ralentissait pas l'allure. Il avait cet air déterminé. Qui sait, ça pourrait l'aider.

« En plus, j'ai bien pris une situation qui collait à la votre. Bon, parce que j'ai beau avoir perdu mon père, je l'ai tué volontairement. Toi, tu l'as perdu et vous deux aussi, et je sais très bien comment vous avez réagi, tout les trois. intervint Derian.
– Tout les trois ? s'étonne Denoris.
– Bah… Yon a perdu son père en même temps que le votre, je crois, non ?
– Ouais, c'est vrai. Enfin on s'en fout, avançons et finissons-en ! J'ai faim. » trancha Yon.

Au moins, tout le monde était pressé. Ça pouvait être un avantage. L'envie, bien qu'elle soit celle d'en découdre. C'était une motivation comme une autre. De plus, Derian s'était persuadé que ses poèmes allaient changer la donne. Pourtant, Kelron n'avait aucune confiance en rien. Finalement, seul l'improvisation semblait plausible.


◊ ◊ ◊ ◊ ◊ ◊

Kelron attendait à proximité de la porte du palais gardée d'un soldat. Il avait sa pique, et il était droit. Un garde de porte, en somme : il avait son armure, son casque, et il attendait que le temps passe. Quelle tâche ingrate. À coup sûr, il avait vu Kelron, mais pourtant il bougeait pas. Ils devaient être encore dans une zone autorisée. Puis Yon se souvint des rumeurs autour d'Amon Lanc. Ces histoires de fantômes, héritières de Dol Guldur, qui était l'épicentre du Mal en Rhôvanion. La grande forteresse gardée par Khamul, le Second des Neufs, pendant qu'Er Murasor, le Roi Sorcier, était le maître de Minas Morgul, anciennement et nouvellement Minas Ithil. Des histoires à dormir debout, si elles n'étaient pas vraies. Yon voulut prendre les devants, car il commençait à avoir crainte de se faire attaquer par un spectre, avant qu'un bruit aiguë ne surgisse dans les corridors. Par réflexe, tout le monde dégaina son épée.

« Put' … C'était quoi ça ? s'inquiéta Derian.
– Très bien, on va se grouiller avant de se faire violer dans un corridor hanté, hein… dit Yon.
– Bonne idée… Allons voir ce garde. insista Kelron.
– Rengainez vos épées avant… » souligna Denoris.

Yon prit les devants, et se dirigea vers le garde, qui semblait impassible. Yon s'approcha de lui en rengainant son épée, et fut étonné de son air impassible et serein.

« Vous n'avez pas entendu ce bruit ? lui demanda Yon.
– Si, mais vous ne devez pas connaître les légendes, vu votre réaction. À force, on s'y fait. répondit-il en riant, pendant que Yon et Kelron se regardèrent, interloqués.
– C'est possible de rejoindre les célébrations ? demanda Kelron.
– Celle du duel entre les deux cousins ?
– Pourquoi il y'en a d'autres ? s'étonna Derian.
– Non.
– Voila, vous avez votre réponse.
– Et vous êtes ?
– Des pécores.
– C'est donc ça, l'odeur ?
– Hélas, on a voyagé depuis la Brèche sans s'arrêter, à part la nuit, et encore. On n'a pas trouvé le temps pour se laver.
– On doit vous remettre nos armes ?
– Nan. Vous ne fomenteriez pas un complot contre votre roi, je suppose ?
– Vous faites surement allusion à Blakewyne. En effet, nous sommes venus se rallier à lui.
– Blakewyne ? Il a rendu l'âme il y a un moment. Son bûcher a eu lieu hier. Maintenant, ce sera soit Birumsavi, ou Neithan, comme vous voulez, soit Lankenwi, le roi. Mais si j'entends bien les cris, puisqu'on ne m'a rien dit, c'est le fils qui a gagné.
– Avec ces dix jours de voyage, on a pas eu de nouvelles… Et dire qu'on ne voulait rien louper des célébrations…
– C'est loupé. On arrive à terme des célébrations d'aujourd'hui… mais bon, rien ne vous empêche de conclure avec eux. Vous pourrez mettre des visages sur vos noms. Allez y… »

Les hommes franchirent l'entrée, et virent de loin de grandes tables, où beaucoup de monde y étaient présents autour. Des nobles, sans aucun doute, si on en compare le style vestimentaire à ceux de nos quatre protagonistes.

« Ça me rappelle l'auberge, chez Vorhis. commenta Kelron.
– Exactement ! Avec la puanteur en moins. Enfin… à part la notre. répondit Yon.
– Bon, qu'est-ce qu'on fait ? On récite des poèmes ? s'empressa Derian.
– Très drôle. Disons que j'ai jamais été à l'aise avec les nobles. dit Kelron.
– Tu ne l'as jamais été parce que tu n'en as jamais vu. souligna Yon.
– Ce n'est que le corollaire…
– Et puis, franchement, je ne vois pas comment tu peux attirer l'attention de tout ces gens. s'inquiéta Denoris.
– Pourtant il y en a plusieurs qui nous dévisagent. observa Kelron.
– Dans tout les cas, on ne s'approche pas d'eux. On pue trop. insista Derian.
– Ça va, ils verront très bien à nos habits que nous ne sommes pas des nobles. » commenta Denoris.

Kelron se regarda les jambes et le torse et fit un signe de tête sur le côté en guise de concession. Il s'amusa à tenter de reconnaître certains nobles. Les rumeurs disent que toutes les maisons nobles étaient là. Pourtant, il y avait autant de gens ici, pendant cet évènement, que dans leur auberge de village, tout les jours. Cependant, la fraternité y semblait plus présente. Si dans l'auberge de village, tout le monde se fracassait le crâne avec leur chope, ici, on passait un bon moment. Évidemment, c'était forcément illusoire. Il y avait forcément des tensions. Mais au moins elles sont enfouies. Kelron crut reconnaître la maison de Rhosgobel, mais il n'en fut pas sûr. Il savait que la maison de Maethelburg était celle qui régnait à l'heure actuelle, avec Blakewyne, récemment décédé, et cela n'allait pas changé si son fils gagnait le duel. Si c'était le cousin Lankenwi, là, ce serait une autre affaire. En tout les cas, le même sang règnera quelques temps de plus. Derian avait dit que le Royaume du Nord n'était pas une dynastie. Svaringe Skellen avait confirmé ses dires, mais Kelron avait l'habitude des coutumes à l'impériale pour y croire.

Derian et Kelron finirent par s'avancer vers les tables. Ils se mirent en tête que la puanteur ne valait rien. Yon et Denoris avaient plus timidement suivi. Ils n'avaient aucune idée de qui se tenaient en bout de table. Et la prise de parole n'était pas une bonne idée. Surtout quand une masse de maisonnées s'apprêtent à partir. Kelron se rendit compte qu'ils étaient arrivés à la fin des festivités. Stefan Skellen les avaient prévenus qu'ils seraient en retard, mais à ce point là… La blessure d'Hecthorne a du joué en leur défaveur… et ils auraient peut être du voyagé de nuit aussi. Mais bon, déjà que la forêt est sombre de jour, alors de nuit… Mais le mal était fait. Maintenant, il fallait tenter le tout pour le tout.

Kelron inspira profondément. Sa voix ne devait pas s'enrouer pendant qu'il parlera. Il ne devait montrer aucune crainte, surtout celle d'être dédaigné. Bien qu'elle était plus que plausible. Existe-t-il un quelconque royaume dont le Roi prête personnellement l'oreille à des paysans ? L'espoir fait vivre. “ Il faut simplement rester droit, honneur sauf, cœur serein et âme chargée de volonté ” se répétait-il, dans sa tête. Kelron fut subitement prit de l'idée d'enjoliver son discours.

« Je vous salue, messeigneurs. Nous voyageons depuis la Brèche, dans laquelle plusieurs impériaux ont trouvé la mort, ainsi que beaucoup de patriotes, prêt à verser leur sang pour le Roi. Un… ami nous a raconté qu'ils nous étaient possible de rallier l'armée de la Couronne… commença Kelron.
– C'est Skellen, cet ami ? murmura Derian, étonné.
– Et puis, la Brèche, tout comme les Plaines, n'attendent que d'avoir cette nouvelle concernant la succession. reprit-il en ignorant Derian. Nous sommes des paysans, c'est un fait. La résistance ne change rien, j'en suis conscient. Mais il n'y aura d'ordre sans unité. »

Il dégaina son épée, d'un air de défi, comme s'il allait attaquer l'une des personnes présentes. Il leva en l'air sa lame. Il avait le visage menaçant, et un léger sourire narquois. Il s'adoucit finalement le visage, et ploya un genou à terre. Il reprit son épée en la tenant par la garde, lame en pointe vers le sol. L'autre main était serré en poing derrière son dos. Les trois autres hommes derrière lui en firent de même. Ils étaient tous droit, sur leur genou gauche. Ils semblaient avoir attiré l'attention des personnes présentes, alors Kelron continua.

« Laissez-nous servir officiellement la couronne. Oui, nous puons. Oui, nous sommes pauvres. Mais notre force n'est jamais venu d'ailleurs que de notre unité et de dévouement pour autrui, n'est-ce pas ? Pourtant, beaucoup de raisons pourraient vous pousser à nous dédaigner. Peu sont celles qui nous défendent.
– Tu comptes la fermer, un moment ? Ils ont compris, je pense. Avant que tu ne sortes une connerie… susurra Yon.
– Chut-euh ! lui ordonna Derian.
– Mais… Vas donc réciter tes poèmes, toi… cracha-t-il.
– Nous voulons juste donner un nouveau sens, un nouveau destin à notre résistance, versant le sang pour vivre, pour une fois depuis cinq siècles, en toute indépendance. » termina Kelron

Les quatre hommes gardaient la tête fixée sur leurs épées respectives, attendant que les premières personnes ne s'expriment. Après tout, ils avaient en main un avenir nouveau pour huit hommes. Et même celle pour une soixantaine, resté à la Brèche. Kelron pensa à tous ceux qui l'avaient entouré et soutenu. Stefan Skellen, sa mère Adria, son père Harold, Morvran Vorhis, Angirv Bedlar, Aethran… Tout ces gens qui l'avaient suivi pour un seul but : la liberté.

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Dernière édition par Kelron Enoras le Jeu 21 Juil - 19:02, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Amon Lanc] Le Roi du Nord reçoit des doléances   Mar 12 Juil - 23:47

Cela faisait plusieurs jours que Birusmavi était devenu Neithan, le quarante sixième et qu'il avait signé le ralliement des Northmens à la cause des nains. Depuis, de nombreux seigneurs avaient pris congés pour retourner dans leurs terres tandis que d'autres étaient restés dans la demeure royale pour soutenir les préparatifs royaux, parmi eux, Hymler de Gytburg, proche confident du Roi et vassal direct de ce dernier. Même si Hymler n'avait pas compris toute la finesse de la manœuvre politique de son souverain, il n'avait rien contre le fait de retourner combattre ces vermines montagnardes qui c'étaient repliées dans la Moria, pour lui, ils avaient été vaincues par le passé et il n'en serait pas autrement dans le futur. Un millier d'hommes du nord suffiraient à prendre cette place forte orque, même s'ils étaient des dizaine de milliers à l'intérieur de cette dernière.

Chaque jour, le Roi organisait de grands banquets dans la salle du trône afin de faire demonstration de sa puissance envers ses hommes et les vassaux restés dans la citadelle, après tout, l'on voyait la puissance d'un Roi à sa capacité à aligner un nombre infini de banquet. Hymler se trouvait à la table royale, aux côtés de son ami d'enfance et de l'oncle de celui ci, ainsi que des rares seigneurs encore présent. Les préparatifs pour la guerre se poursuivait et le château avait redoublé d'activité. Le seigneur de Gytburg s'empoigna d'un morceau de poulet qu'il déchiqueta à l'aide de sa machoire, il mangea la pauvre volaille avec autant d'ardeur qu'il baisa sa première pucelle. Il porta ensuite à ses lèvres un verre de vin du dorwinion, le meilleur de tout le nord disait-on et vida ce dernier dans son gosier pour se désalterer alors que les grandes portes du banquet s'ouvraient pour laisser passer de nouveaux hommes, sans doute des soldats d'un des seigneurs présents. Néanmoins, Hymler ne put que remarquer le fait qu'ils se dirigeaient vers la table royale, arrivés à hauteur de celle ci, il débuta un discours improvisé avant de dégainer sa lame et de faire mîme de menacer les personnes présentes, plusieurs hommes manquèrent de se lever, dégainant leurs armes, d'autres tentèrent de le faire mais restèrent clouer à leurs sièges par l'alcool qui coulait dans leurs veines.

Mais l'homme n'avait nul mauvaises intentions à l'encontre du Roi et de ses hommes, il ploya rapidement le genou par terre, suivi de ses trois compagnons. Hymler avait cessé de manger, comme une bonne partie de l'assemblée d'ailleurs, alors que la salle devint silencieuse à la fin des déclarations du jeune paysan, le seigneur se leva de la table royale pour descendre devant les paysans. Il leva celui qui semblait être le chef et le prit violemment dans ses bras, frappant son dos comme signe d'affection :

« Allons ! Allons ! Mon brave ! De par votre sang, vous êtes des fidèles de notre souverain dès la naissance ! Sachez que tous les northmens qui résistent et qui font couler le sang de l'Empire sont les bienvenus à cette table ! »

Le seigneur fit signe à deux de ses hommes qui étaient présents dans une table à côté, ils se pressèrent d'amener des chopes aux nouveaux arrivants tandis que le seigneur reprenait :

« Venez donc vous installez à notre table, vos compagnons peuvent se joindre aux autres. »

Il fit signe à l'homme de le suivre jusqu'à un tabouret situé vers la table royale sous le regard de Neithan et reprit :

« Dit moi mon brave, quel est ton nom ? As tu des nouvelles à rapporter à notre Roi de la Brèche ? »
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MessageSujet: Re: [Amon Lanc] Le Roi du Nord reçoit des doléances   Jeu 21 Juil - 19:46

Neithan s’était réveillé seul, comme depuis beaucoup de nuits ces derniers temps. Cela changeait de ses habitudes. Il n’avait pas encore pris ses quartiers dans la chambre royale. Il n’avait pas encore envie de la faire. Cette nuit, il avait dormi dans sa chambre de prince, dans laquelle il avait eu tant de souvenirs. Il se souvenait des hivers passés à Amon Lanc : c’étaient les meilleurs de ses souvenirs. Père ramenait souvent un gibier succulent de la chasse. A la nouvelle année, le château était toujours illuminé de lumières éclatantes. La chaleur du foyer réchauffait leurs cœurs. Avec ses sœurs, il disparaissait souvent dans le château. Mère les grondait souvent, quand ils arrivaient en retard au repas. Désormais, plus personne ne gronderait le Roi. Cela était peut-être plus effrayant.

Combien de responsabilités et de maux allaient tomber sur ses épaules ? A vrai dire, il ne voulait pas le savoir. Il semblait que Birusmavi allait improviser sa royauté autant qu’il avait improvisé le reste de son existence. Un seul horizon était sûr : le Nord serait libéré, et ce serait l’œuvre de sa vie. Pour le moment il fallait gagner le peuple à sa cause.

Aussi Birusmavi avait donné un banquet généreux pour fêter le départ d’Amon Lanc, comme il était de coutume. Nombre de gens du château avaient été invités. L’évènement était informel. Aussi Neithan ne siégeait pas à la place royale de son père, mais s’était installé avec ses camarades à l’une des tables dans la salle, la première qu’ils avaient trouvée en revenant de la chasse ce matin.

A un moment donné Neithan s’immobilisa, tandis que le vieil intendant lui chuchotait à l’oreille. Il continua comme si de rien n’était. On en était au premier plat. Au quatrième, une troupe de huit hommes fit irruption dans l’assemblée, ignorée par la plupart des convives. L’un d’eux sortit son arme, et la brandit dans tous les sens. Il avait l’air bien ridicule comme ça. Certains hommes dégainèrent aussi leur épée, d’autres rirent simplement. Les yeux vifs de Neithan contemplaient l’homme avec attention tandis qu’il offrait son service à sa royale personne, à la cantonnade pour ainsi dire. L’évènement était insolite. Neithan avait un sourire en coin, et continuait de grignoter sa cuisse de poulet. Il essuya la graisse qui coulait dans sa barbe, tandis qu’Hymler, le jeune et impétueux seigneur de Gytburg se levait et accueillait les nouveaux arrivants, dignes fils du Nord. Il leur fit goûter immédiatement l’hospitalité nordique : ils allaient être fournis en cervoise et avoir le ventre plein. Avant qu’ils n’aient pu réagir, Neithan sauta gaiement sur la table qui le séparait de la troupe de rebelles, pour aller à leur rencontre. Le jeune roi était plein d’une énergie et d’une fougue qui n’avait pas son pareil, et son comportement détonnait franchement avec la fierté qu’on pouvait attendre d’un seigneur, à plus forte raison d’un roi. Il savait que son père soupirerait en le voyant. Cependant il venait de gagner la confiance des hommes : ils suivraient le sang de Beorn coûte que coûte désormais. Les nobles pouvaient grogner.

Neithan s’approcha de l’homme qui s’était agenouillé, et était manifestement le chef de la troupe. Il avait manifestement la trentaine, et l’intendant lui avait signifié qu’il allait sous le nom d’Enoras. Il était accompagné de son frère, et d’autres compagnons dont le nom était inconnu de Maethelburg. Ce qui était certain, c’est que ces hommes combattaient pour le Nord, alors que personne ne les avait pressés de le faire. Depuis la répression massive perpétrée par Amandil Telcontar, de nombreuses poches de résistances avaient été réduites à néant, et Blakewyne avait réduit ses investissements pour soutenir les rebelles. Il valait mieux faire profil bas. Ces hommes, démunis, avaient prouvé leur valeur. Il fallait les récompenser.
Neithan saisit l’épée de Kelron, et la brandit en l’air, faisant lentement un tour sur lui, contemplant l’assemblée mi-amusée, mi-intriguée.
« - Mes frères du Nord, voici huit hommes qui pourraient nous donner à chacun une leçon de bravoure. Pendant que vous vous remplissez joyeusement la panse aux frais de sa majesté – et sa majesté en est bien heureuse croyez-moi ! » Il y eut des rires dans la salle. « Pendant que vous vous remplissez la panse certains de nos frères Northmen combattent en ce moment même contre l’Empire qui les oppresse, contre l’Empire qui a volé nos terres, et que nous cherchons à bouter hors de notre patrie depuis cinq siècles. Nos efforts ont été pour le moins discontinus. Mais ce temps est révolu ! Par l’épée ou par la diplomatie, nous libérerons le Nord et reprendrons nos maisons ! »
Les hommes lancèrent des hourras et tambourinèrent sur les tables avec leurs brocs.
« - Vive le Roi de Rhôvanion ! Vive Neithan quarante-sixième et dernier du nom ! »
Neithan se retourna vers Kelron avec un large sourire. Il posa l’épée sur son épaule, proclamant avec solennité.
« - Kelron Enoras, franc-soldat de Rhôvanion, j’accepte volontiers ton service, et te fais chevalier de Maethelburg. Porte cette épée avec fierté, fidélité et honneur, et reçois ce horion pour te rappeler ce qu’il en coûte de ne pas le faire. »
Neithan frappa violemment Kelron avec son poing, et lui rendit son épée tandis qu’il le faisait se lever. Il se sentait plutôt content de cette mise en scène, qui mettait du baume au cœur des hommes. Le roi plongea son visage dans la cervoise, tandis qu’Hymler demandait aux nouveaux arrivants des nouvelles de l’Est.

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"Allons chercher l'ennemi :
Si je recule, tuez-moi ;
Si j'avance, suivez-moi ;
Si je meurs, vengez-moi !
"
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MessageSujet: Re: [Amon Lanc] Le Roi du Nord reçoit des doléances   Ven 22 Juil - 22:37

Son nom… Il avait oublié son nom ! Quel con ! Pas foutu d'être poli. Mais pourquoi s'attardait-il sur ce détail ? Il est vrai qu'un nom en dit long, ou pas. Les résistants cachaient souvent leur nom, voir le changeaient tout les mois pour éviter l'Empire. Yon, en plusieurs années, avaient connus une dizaine de noms. De Silas, en allant jusqu'à Dokas, en passant par Baritel, il battait des records. Derian, pour échapper à sa famille, avait lui aussi trouvé un tas de nom pour s'identifier. Du coup, Kelron avait son moment d'hésitation, jusqu'à ce qu'un commentaire de Yon ne lui fasse penser à autre chose.

« Bel accueil, pour des noblards… » lâcha Yon.

Trop beau, en effet, pensait Kelron. Son père lui avait toujours dit que les riches dédaignaient les paysans au point de les humilier, parfois. Derian lui avait confirmé cela, lui qui avait déjà vécu les maisons sublimes et les bagues sur chaque doigt. Il avait vu son père cracher sur la cause paysanne ou résistante. Plus rien ne pouvait l'étonner, qu'il disait. Kelron et Denoris n'en avaient jamais vu, ils ne savaient donc pas si c'était un accueil normal ou pas. Ils devront s'en tenir aux discours de leurs parents, et surtout de leur jugement. Finalement, Kelron préféra se languir de cette bonne surprise, et profita de l'accueil chaleureux de cet amical personnage. Vainquant son anxiété, il finit par répondre à son interlocuteur, en restant à genoux, il ne bougeait pas.

« Je suis Kelron Enoras. Je suis originaire d'un village du Val de Celduin, où mes ancêtres se sont réfugiés après la guerre. C'est ce que dit mon père Harold, du moins. Je suis venu avec mon frère cadet, Denoris, qui a acquis une certaine popularité en écrivant des livres et des poèmes. À ma droite, Derian Cillier, un personnage… spécial… il va tout vous raconter, un jour. Et enfin, Yon Nethir, un ami d'enfance. Nous sommes tous des rebelles dans les régions dominés. Le reste de mes hommes est resté là bas, avec plusieurs de mes amis et ma mère. Un ancien ami de mon père nous avait dit que nous pouvions rallier la couronne pour faire front commun.
– C'est, si je puis me permettre, la raison de notre venue. » intervint Yon.

Lorsque le silence revint enfin à la charge, Kelron entendit un homme grimper sur la table. Il leva enfin la tête et analysa le personnage qui s'approchait d'eux. Il était plus grand que lui, devant faire ses deux mètres. Il semblait assez costaud. Cheveux longs, il avait la véritable carrure d'un northman. Il s'approchait toujours un peu plus d'eux, insistant, comme s'il préparait un sale coup. Il regarda les quatre résistants un moment très court, avant de lui subtiliser l'épée de Kelron. Ce dernier se leva aussitôt, surpris et soudain anxieux. Finalement, il fut surpris de voir que l'homme levait l'épée en l'air, comme lui-même l'avait fait lors de son arrivée, et entama un long discours. Yon le regarda avec insistance. Il fut surpris de ce qu'il entendait. Ils étaient tout les quatre surpris. Le pire, c'est qu'il se rendait compte qu'il y avait un écart entre leur monde et celui de la résistance. Au moins, il assumait. Il avait une certaine fougue, c'était assez intéressant à voir. Si Kelron avait un demi sourire en écoutant le Roi, il écoutait ce qu'il disait.
Les autres soutenaient ce discours, en riant ou en scandant le nom de Neithan. Kelron comprit : c'était le Roi. Finalement, il ne fit qu'adouber Kelron. Il se sentit plus mal à l'aise qu'autre chose puisqu'il était le seul à être adoubé. Mais il dégageait aussi une fierté. Il ne s'attendait pas à ça, c'est sûr. Il savait qu'il l'avait mérité, après tout le sang versé. Les impériaux n'avait qu'à bien se tenir. À peine il prit un peu de temps pour y penser qu'il prit un coup de poing assez rude à la bouche. Surpris, il bascula en arrière, tombant sur le dos. Il ne comprenait rien de ce qu'il venait de se passer. Yon se leva, furieux et prêt à en découdre. Il avait toujours son épée en main jusqu'à ce qu'il ne comprenne que cela faisait parti des coutumes.

« Désolé… euh… je croyais que… » balbutia-t-il, gêné, en faisant un signe d'innocence avec ses mains.

Kelron se releva tant bien que mal, ordonnant à Yon de rengainer son épée. Il s'excusa pour la fougue et l'impétuosité de son meilleur ami. Il pensait que tous allait se moquer, et l'humilier. Au final, l'humeur restait amicale. Son frère l'aida à se tenir debout, et lui essaya le peu de sang qui coulait de sa lèvre. Heureusement, il n'avait pas perdu de dents. Il avait la mâchoire solide, aussi solide que la rébellion. Il en fallait plus pour lui faire mal. Il souriait timidement, gêné d'être au centre de l'attention. Il pensait aussi à ses compagnons, mais il se promettait de plaider leur cause, au moins pour avoir un poste dans l'armée. S'il grimpe les échelons, il pourra, peut être, en faire des soldats d'élite.

« Ce roi vient de me réconcilier avec la noblesse, à part s'il veut juste se montrer, se donner un genre. lâcha Yon, d'un ton jovial.
– Félicitations, frère, tu es chevalier maintenant !
– Et pas vous… j'avoue que j'en suis un peu mal à l'aise. J'essaierai de plaider votre cause auprès du Roi. S'il a été aussi généreux avec moi, peut être le sera-t-il avec mes amis. J'essaierai de le prendre à part pour voir ce qu'il peut faire. Je pense que vous aurez votre place dans l'armée régulière, ce sera toujours ça de pris, non ?
– Mais oui ! On se battra avec nos armes pourris et après on verra ! Bon, profitons de l'ambiance un coup ! Tu ne comptes pas penser qu'à ça toute la nuit, si ? » le rassura Derian.

Kelron fut surpris mais content de la réaction de ses partenaires. Sous l'invitation de celui qui était venu à leur rencontre, il guida ses compagnons pour s'installer à table. Autant de nourriture les surprenait, eux qui s'étaient habitués au minimum. Si Denoris et Derian dévoraient leur poulet avec un appétit d'ogre, Kelron et Yon, eux, avaient plus de réticence. Ils pourraient presque croire au complot.

« Tant de bouffe… Avec ça, on s'fait un rationnement de quatre ans. Et on a quand même assez pour lutter contre les impériaux. marmonna Yon.
– Mange à ta faim, quand je vois le nombre d'obèses dans cette salle… lui chuchota Kelron.
– Ce chiffre va dépasser le nombre de résistants… » se lassa Yon.

Lui qui détestait la noblesse, il s'appréciait à râler. Avec son livre de famille datant du début de quatrième âge, Yon en avait lu, des conneries. Mais, force est d'admettre que ce qu'il contenait n'avait rien d'anormal. Les nobles sont des cons, avides de richesses, dédaigneux des pécores, etc. Son père, lui, croyait en un monde où les riches auraient mérité leur argent et où ils pourraient partager avec les plus pauvres. Ce n'est pas demain que ça arrivera, disait Yon. Kelron décida enfin de manger un bout de poulet. Il sentait les regards pensant sur lui et ses amis. Il analysa les familles qui l'entouraient. Il y avait des obèses, des jeunes, des vieux, des femmes et des milliers de blasons. Ils mangeaient tous plus ou moins proprement. Les quatre hommes en étaient étonnés, eux qui mangeaient toujours proprement. Adria, la mère de Kelron, leur avait appris le respect de la nourriture et le savoir-vivre. Vu comment tout le monde mangeait sa volaille, c'était une leçon bien vaine. Il n'y avait même pas de couvert, au grand désespoir de Derian, qui était un homme soigneux et propre, qui appréciait manger avec des couverts. Kelron ne mangeait pas beaucoup, et lentement. Il analysait ceux qui l'entouraient. Il fut extirpé de ses pensées par son frère.

« Tu ne crois pas qu'on devrait aller voir Hecthorne ? Azeron compte venir, quand même ?
– Que tu crois. Il a assez vécu de mauvaises choses pour détester les nobles, crois moi. C'est pour ça que je lui ai dit de veiller sur Hornel. Ils ne viendront pas, ils veilleront tous sur le Géant, que ce soit Andran, Joan ou Azeron. On leur racontera ce qu'il s'est passé. »

Denoris acquiesça avec quelques signes de tête légers. Lorsque cette légère conversation s'acheva, Kelron se décida et but sa première gorgée de vin. Sur le moment, la boisson lui arracha le gosier, manquant de le faire tousser comme un pesteux. Il rebut une gorgée, qui passa cette fois beaucoup mieux que la première. Il aimait beaucoup le goût fruité de la boisson. Ça lui changeait de l'eau à moitié sale ou les pintes à goût de pisse. Ceci dit, il s'était lassé de la volaille. Il pensait que ce n'étaient que les paysans qui mangeaient du poulet. Il ne mangeait pratiquement que ça, chez sa place forte de résistance et dans les villages fermiers. Il mangea un morceau, pour dire qu'il avait mangé, ce soir là. Le jeune seigneur qui les avait accueilli revint vers eux. Il demanda des nouvelles de l'Est. Il devait penser que Kelron n'avait pas voyagé juste pour quémander un titre. Ce dernier réfléchit à tout ce qu'il pouvait lui dire, et commença, alors que le bruit se faisait de moins en moins assourdissant.

« Avez-vous entendu parler de la “ Grande Bataille du Centre ”, Monseigneur ? Une bataille qui s'est déroulée au centre, d'où le nom, de la Brèche. J'ai mené cette bataille avec Yon Nethir et un ancien ami de nos pères nommé Stefan Skellen, que vous connaissez peut être. Pendant que nous élaborions notre stratégie de bataille, Stefan, ou Svaringe Skellen, comme vous voulez, avait envoyé de faux loyalistes pour saboter l'armée impériale : assassinat de chefs de guerre ou de soldats à poste tactique, pillage de convois, ce genre de chose, vous voyez.
– Cette bataille se solda par une brillante victoire des rebelles nordiens. Après avoir subi de lourdes pertes, l'Empire, ses généraux locaux, du moins, humilié et revanchard intensifia ses pillages et voulut se venger. Il s'en sont pris à nos places fortes, qu'ils soient militaires ou fermières. Ils organisent des mariages arrangés pourris pour saper les familles riches qui pourraient soutenir les rébellions. Tout allait à vau-l'eau quand on a quitté la Brèche pour rallier la couronne. continua Derian.
– Il faut dire que cette bataille a opposé des milliers d'hommes. Même avec les sabotages, la bataille fut rude. Ils étaient plus expérimentés, plus nombreux, et mieux équipés. Nous sommes venus ici mander titres et moyens de combattre. De l'aide, en somme, et de quoi faire en sorte que le Royaume réagisse, comme Blakewyne, à l'époque. ajouta Yon.
– Je pensais que le titre de chevalier, ou n'importe quoi d'autre à la base, me permettrait de mettre des familles en sécurité. Ma mère représente trop pour que l'Empire lui tombe dessus. Tout comme mes amis. C'est pour ça que nous voulions rejoindre l'armée. »

Après une telle masse d'informations, Kelron sentit un silence pesant autour de lui. Ceux qui l'entendaient s'étaient tus. Les quatre compagnons se regardèrent, peu sûr d'avoir été clair. Ils auraient pu faire plus concis. En fait, Kelron se demandait si le Roi et ses proches n'étaient pas au courant de tout ça. À son humble avis, le jeune seigneur le savait déjà. À part si personne ne se tenait au courant des nouvelles des zones occupées. Il savait que Blakewyne gardait son intégrité et faisait tout pour que l'Empire quitte les terres du Nord. Il se tenait forcément au courant de tout. Son père disait que les plus grands résistants avait des contacts au sein de la cour. Mais depuis qu'il s'éteignait, peut être que les maisonnées indépendantes se sentaient moins concernées par les rébellions. Puis le conflit Neithan-Lankenwi ne devait pas arranger les choses. Néanmoins, Kelron voulait en savoir plus du Royaume indépendant. Il ne savait pas ce qu'il s'était passé. Il avait compris que le Roi était Birumsavi, le fils de Blakewyne, en tuant son cousin. Pour le reste des projets royaux suite à ce changement de tête couronnée, le mystère était de mise. Ainsi, Kelron le lui demanda.

« Et vous, Monseigneur. Vous pouvez peut être me donner des nouvelles de Royaume ? Je me chargerai de les transmettre à mon ami Morvran, resté à la Brèche, qui prendra la tête de mon groupe rebelle jusqu'à mon retour, si toutefois j'y retourne. »

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MessageSujet: Re: [Amon Lanc] Le Roi du Nord reçoit des doléances   Dim 24 Juil - 19:09

Comme toujours, l'intervention du Roi fut rapide et impresionnante. Neithan s'était jeté sur une table, dominant fièrement l'assemblée, piétinant quelques assiettes sous les plaintes de ceux qui venaient de perdre leur poulet mais furent rapidement comblés par des serviteurs qui remplacèrent ces pertes. Le court discours de Neithan fut salué par des acclamations nordiennes, Hymler lui même leva se chope avec un sourire aux lèvres. Le Roi venait donc d'adouber un roturier venant de la brèche, même si le jeune seigneur n'approuvait pas forcément, sans doute son souverain avait pour ambition de se montrer ainsi en ami et soutien de la résistance, même si les préoccupations du Roi étaient actuellement accaparés par la future campagne qu'ils mèneraient.

Au moment même où le poing du Roi frappa le visage du nouveau chevalier, les hommes se levèrent dans un brouhaha immense et beuglèrent des acclamations, tandis que la boisson coulait à flot. Les nouveaux venus furent pour le moins surpris de cette « attaque » et l'un d'eux se prépara même à menacer le Roi avant de comprendre le sens de tout ceci et de rengainer prestement, s'excusant faiblement mais nul n'avait fait attention à lui et nombreux étaient les hommes qui étaient déjà retournés à leur nourriture et à leur discussion. Les hommes échangèrent quelques paroles avant d'envahir la table du seigneur, qui dégagea à l'occasion plusieurs de ses hommes qui y étaient assis. Le roi lui même se joignit à sa table et s'empara rapidement d'une chope de cervoise alors que la curiosité d'Hymler était sur le point d'être comblée.

L'homme expliqua alors ses récents exploits sous le regard curieux des hommes attablés tandis que le nouveau seigneur de Gytburg déchiquetait une cuisse de poulet à l'aide de sa machoire tout en écoutant le récit. Chacun se vanta de sa participation à la bataille, ils n'hésitèrent pas à citer le nom des leaders tandis qu'Hymler secouait la tête à l'annonce de ces nouvelles, il avait effectivement entendu parler d'un tel affrontement mais des détails étaient les bienvenus. Le northmen s'empara de sa chope et la vida tout en demandant à une servante de la lui remplir et en la pressant d'une petite tape sur la fasse droite, il répondit :

« C'est bien ce que je craignais. Cette bataille est insignifiante, vous l'avez gagnée, vous vous en vantez, mais les conséquences pour votre résistance furent désastreuses. Mais nous ne pouvons vous en vouloir, la majorité des résistants n'ont pas été formés à l'art de la guerre, ils se sont formés au prix de leur sang et de celui de leurs proches. Néanmoins, votre exploit a retentit à travers le Nord et il faut espérer que la résistance s'en remettra rapidement, fêtons néanmoins la destruction de troupes impériales ! »

Le ton d'Hymler était grave, bien loin du ton amicale et jovial qu'il avait utilisé quelques minutes auparavant. Sa nouvelle chope fut prestement avalée tandis qu'il reprenait :

« Mais je vais répondre à vos interrogations, le Nord est victime de nouveaux raids venus des montagnes, les orcs ont intensifiés leurs frappes sur les villages montagnards et mitoyens. Le peuple du Nord souffre ici aussi mais nul doute que notre nouveau souverain écrasera ceux qui osent ravager des villages innocents. L'Empire est notre ennemi éternel mais dans l'immédiat, je doute que vous puissiez obtenir l'aide que vous demandez. »

Cette annonce était ponctuée d'une certaine tristesse dans le regard d'Hymler, l'Empire était un ennemi bien trop redoutable dans l'immédiat pour que Neithan, même avec sa bonne volonté, ne puisse l'écraser.
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MessageSujet: Re: [Amon Lanc] Le Roi du Nord reçoit des doléances   

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[Amon Lanc] Le Roi du Nord reçoit des doléances
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