Le Seigneur des Anneaux RPG : Mille Ans Après
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Nous recherchons ardemment un Tuor Eladar, envoyé des Valar !
Rumeur : le Patriarche du Culte du Soleil, dans la Cité Sacrée d'Akkar en Lointain Rhùn aurait été corrompu par les suppôts de Morgoth. Cela pourrait mettre fin à des siècles de conflits religieux en Rhùn, et pourrait permettre aux Orientaux de s'unir contre l'Empire.
Les Envoyés des Valar, Gandalf, Tuor et Fingolfin viennent de débarquer à Osgiliath.
Parmi les chevaliers et les aventuriers de toute sorte, une rumeur circule : l'Intendant Aranir d'Ithilien aurait réuni des fonds pour organiser un tournoi spectaculaire commençant au solstice d'été !
Les Northmen viendraient de briser leur isolement, concluant un pacte d'alliance avec Durïn VII.
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Les pillards nomades sévissent de plus belle en ce printemps ! Le Roi du Gondor Aglahad II de Dol Amroth a promis de prendre des mesures drastiques.
"Trinquons nos verres et vidons la bouteille / Et laissons là les plaisirs de l'amour / Et laissons là tous ces cœurs infidèles / Qui ne veulent pas nous donner leur secours / C'est aujourd'hui que l'amour m'abandonne / Que ma maîtresse m'a refusé son coeur / Battez tambours, battez la générale !" - Le célébrissime barde Meregold Sirith poursuit sa tournée dans toutes les tavernes de l'Empire ! Ne le manquez surtout pas !

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 [Event] L'Ombre de Morgoth

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Vicaire de Morgoth ¤ MJ de l'Est
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MessageSujet: Re: [Event] L'Ombre de Morgoth   Jeu 21 Juil - 19:19

♦ Nimruzîr - Conseiller de l'Empereur

L'histoire est ce que nous laissons derrière nous, c'est l'héritage que nous laissons aux générations suivantes, et c'est ce qui a fait de nous, ce que nous sommes. Certains vous diront que l'homme apprend de ses erreurs, de ses peurs et des leçons que lui donnent la vie. Mais es-ce vraiment le cas ? Ne sommes-nous pas plutôt condamné à reproduire encore et encore les pires atrocités possibles ? Car n'oubliez pas une chose : L'horreur est humaine.

Osgiliath, joyau de l'Empire et centre de la Terre du Milieu, c'était autour de la Capitale Impérial que tout avait lieu. Politiciens, marchants, mercenaires, bardes et j'en passe, c'est Osgiliath qui leur offrait un avenir et de l'espoir de réussite. La ville grouillait de Gondoriens, mais aussi de marchants étrangers, venue de différentes villes et de différents pays. La vie y était prospère, belle et pleine de promesses. Mais un matin, une rumeur se rependit comme un cancer dans toute la ville : Une délégation Elfique, prétendant venir de l'Ouest. La population était en effervescence, intrigué par l'arrivé de ces elfes venues de contrés lointaines. Qui étaient-ils ? Que voulaient-ils ? Les Gondoriens l'ignorait, et la population jasait, théorisait sur ce qui se trouvait à l'Ouest et se pavanait dans le ridicule, ignorant tout de ce qui s'annonçait.

Un homme errait dans le palais impérial, penseur. Derrière lui se trouvait deux soldats vêtus d'une cape pourpre. C'était un homme imberbe, mince et de grande taille. Il n'était visiblement pas un combattant, il n'avait peut-être même jamais touché une lame de sa vie, mais il était intelligent, très intelligent. Les traits durs, des cheveux bruns et courts, des yeux gris vert. C'était un Numénoréen Noir, née d'une riche famille noble umbarienne, il s'appelait Nimruzîr, signifiant littéralement : « L'Ami des Elfes ». C'était un Haut-Fonctionnaire de la Guide Marchande, un homme important et influant, détaché auprès de l'Empereur par ses employeurs. Son travail était à l'origine de le conseiller sur des sujets économiques, mais rapidement, les deux hommes se lièrent d'amitiés et Nimrûzir acquit de l'influence sur l'Empereur, lui conférant des pouvoirs officieux importants.

La présence de ces elfes l'inquiétait en haut point, mais il ne savait pas encore comment réagir. Comme tout le monde, il avait assisté à leur arrivé dans la salle du trône, caché entre les colonnes, où l'Intendant Aranir les avait accueilli. Selon lui, l'Intendant n'est pas digne de confiance, issu d'une lignée illégitimité au trône par l'un des Empereurs précédent via le Concordat de Linhir. Mais après tout, qui était-il pour le juger ? Il était un opportuniste qui s'était fait un nom sur le dos de son souverain, s'accaparant une partie du pouvoir suggestif de l'Intendant auprès de l'Empereur. Nimruzîr ne l'aime pas, et l'Intendant le lui rend bien d'ailleurs. Entre eux, c'est une joute de pouvoir qui les oppose.

Barahir s'était ensuite imposé dans la pièce, rembarrant l'Intendant et lui rappelant que bientôt, ce serait lui le Roi. C'était un homme très arrogant, trop pour être un politicien qualifié, mais un stratège indiscutable. L'Empereur ne l'aimait pas beaucoup, puisqu'il avait tué en couche la première Impératrice. Nimruzîr n'a pas vraiment d'avis sur lui mais redoute sa monté sur le trône. La mort de l'Empereur serait une catastrophe pour l'Empire. Nimruzîr le traite néanmoins avec respect, c'est après tout l'héritier au trône.

Dernièrement, un événement majeur gâcha les nuits de l'Empereur, événement qualifié comme la « crise de l'Est ». Contrait de réagir face à cette menace, l'Empereur décide de rassembler la Diète Impérial, afin que chacun apportent des solutions à ce problème grandissant. Isildur avait confié à Nimruzîr qu'un assassin de l'Arbre Noir, tenterait d'assassiner le « Patriarche », celui qui vraisemblablement dirigerait ce groupe de fanatique à l'Est. Mais néanmoins, on était pas certain que cette action suffirait à stopper leurs agissements, il fallait donc prendre d'autres décisions en amont, afin de sécuriser les frontières impériales et calmer les tribus de l'Est.

D'ailleurs, le Prince Aglahad II serait lui aussi présent. Étant l'un des favoris de l'Empereur, ce dernier plaçait sur ses épaules beaucoup d'espoirs et le Conseiller l'appréciait lui aussi. C'était un homme droit et juste, mais aussi un combattant hors pair, disait-on.

Quoiqu'il en soit, Nimruzîr n'avait plus le temps de songer, puisqu'il arrivait en vue des quartiers de l'Empereur, où aurait lieu la Grande Diète Impériale, rassemblant tous les Seigneurs du royaume. Entrant dans la pièce, il aperçut rapidement les deux princes, l'Intendant, l'Empereur et la ravissante Impératrice.


« Mes hommages, Empereur ! »

Après avoir fait une révérence à son souverain, il salua brièvement les trois autres, se plaçant aux côtés de l'Empereur, afin de le conseiller, pour le meilleur comme pour le pire.

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MessageSujet: Re: [Event] L'Ombre de Morgoth   Ven 22 Juil - 13:44

L’Empereur était assis dans sa chaise, le coude posé sur l’accoudoir, le poing serré contre sa joue. Il contemplait les nouveaux arrivants quis s‘étaient présentés un à un avec un regard à leur transperçer l’âme. Isildur était un homme doux, comparé à son grand père. Cependant l’autorité émanait de sa personne comme s’il était réellement la source de tout pouvoir sur cette terre.

En premier était venu Barahir, son fils aîné, l’avenir de l’Empire. Pour Isildur, sa façon de gouverner était en contradiction totale avec sa philosophie en tant qu’Empereur, et celle de son prédécesseur Amandil. A vrai dire, Isildur craignait le jour où toute la puissance d’Osgiliath serait entre les mains de Barahir. Il était impétueux et imbu de lui-même, mais après tout cela n’était pas un vice grave. Ce qui l’inquiétait, c’était qu’il n’avait pas le respect des traditions, et qu’il était incapable de discerner les équilibres fragiles sur lesquels reposaient l’Empire. Ces équilibres étaient sociaux : Barahir gouvernait comme un aristocrate et non comme un roi. Il traitait la noblesse comme des compagnons d’armes ou de jeu, il méprisait les bourgeois et se méfiait de leurs manœuvres, et il ignorait le bas peuple comme s’il n’existait pas. Un Roi était avant tout le père de son royaume, il était le serviteur de tous ses sujets. Le métier d’esclave ou de roi est identique : la seule chose qui change, c’est la place dans la hiérarchie sociale. Ces deux types d’homme sont nés pour servir. Barahir était né pour briller.
Sans oublier qu’Isildur croyait dur comme fer aux enseignements de Girion de Tolfalas, qui avaient guidé l’action d’Amandil pendant des années, dans la droiture et la justesse. Pour lui la moralité du souverain était la condition de la stabilité de l’Etat. Ethique personnelle et éthique politique allaient l’un dans l’autre. L’Empire ne pouvait être dirigé par des hommes aux mœurs dépravées. Que dire de Barahir et de ses nombreuses concubines ? Il salissait le nom des Telcontar, comme aucun ne l’avait jamais fait avant lui. On pouvait certes mettre cela sur le compte de la jeunesse, bien que celle de Barahir était presque épuisée, et ses écarts de comportement ne semblaient pas prêts de l’être. Cependant, il y avait quelque chose de bien plus profond, de bien plus noir, qu’Isildur perçevait en regardant son fils. Il y avait de la cruauté en lui, cruauté qui s’était muée à plusieurs reprises en crime si l’on en croyait les rumeurs. Pour dire vrai, Isildur craignait que Barahir ne se transforme bien plus tôt en un monstre semblable à Amandil, quand il avait été atteint de démence dans les dernières années de sa vie. Cette noire légende contrastait avec l’opinion que tout le monde avait d’Arwen, sa fille aînée. Elle incarnait la pureté de son ancêtre aux yeux de la cour. Sa beauté les aveuglait légèrement. Son naturel capricieux avait laissé place à une dame assagie au fur et à mesure du temps. Cependant Isildur savait qu’Arwen nourrissait de nombreuses ambitions, et qu’elle jalousait terriblement son frère. Elle le prenait pour un rustre et un homme indigne de confiance. Les choses auraient-elles été différentes dans leur famille si Isildur n’avait pas séparé ses enfants dès la naissance ? Il avait envoyé Barahir être élevé à Osgiliath dès sa tendre enfance. Arwen était restée près de lui, toujours. Plus tard il avait essayé de calmer le tempérament de son fils, sans succès. Isildur avait indéniablement commis des erreurs, cependant l’Empereur était trop fier pour le reconnaitre. Selon lui la vertu vacillante de Barahir était le signe d’une âme mauvaise. Et les âmes mauvaises ne pouvaient pas gouverner les Etats.

« - Salutations, mon fils. Nous dînerons, bien entendu, mais nous ne gâcherons pas un repas par des affaires politiques. Il me tarde de voir ma petite fille. Tu n’as peut-être pas mis au courant, mais c’est dans cette réunion même que nous discuterons de cette diète. Les autres convives devraient arriver. »


Barahir n’eût pas le temps de répliquer que déjà Posca ouvrait la porte avec déférence pour laisser passer Aranir, qui pénétrait prestemment dans le bureau de l’Empereur, comme il l’avait déjà fait des centaines de fois. Son comportement vis-à-vis de Barahir était glacial : il ne lui avait même pas adressé la parole. Il s’était montré charmeur envers Altariel toutefois. Aux yeux d’Isildur, Aranir était un parfait Intendant. Il était roué à la politique, et il secondait l’Empereur dans les affaires importantes. A vrai dire dernièrement, il se contentait d’exécuter. Il avait perdu l’oreille attentive de l’Empereur depuis l’arrivée de Nimruzîr, il y avait quelques années. Cela s’était fait comme cela, sans que cela émane d’une quelconque volonté. Les affaires courantes de l’Empire étaient si nombreuses qu’il y avait comme une division du travail entre l’Empereur et l’Intendant. Ce dernier gérait la plupart des affaires internes et les doléances des sujets : il savait garder les nobles et les banquiers contents, il savait mener des actions populaires auprès du petit peuple et les enrôler pour la guerre quand il fallait. Isildur n’en demandait pas plus. Sans compter qu’Aranir était absent une partie de l’année pour gérer les affaires de la Curie de Calendor, et les affaires extérieures relatives au Khand. Dans cet emploi du temps chargé, il n’avait même pas le temps de s’occuper de ses propres fiefs d’Ithilien et de Harondor, qui avaient été relegués à ses vassaux ou à des membres de sa famille. Nimruzîr avait profité des absences intermittentes de l’Intendant pour prendre l’ascendant sur l’Empereur : ce noble brillant était toujours à portée de voix, sans oublier qu’il était un divertissement apprécié pour un esprit accablé, car le Dùnadan avait un charme et une éloquence sans pareils.

Nimruzîr avait déjà instruit l’Empereur de l’arrivée du prétendu Haut-Roi des Noldor et du Pèlerin Gris. L’accueil d’Aranir avait été mesuré, et ses réponses avaient été adaptées. Il fllait légèrement humilier cet étranger qui prétendait déjà entrer au service de l’Empereur en tant que conseiller. Que pouvait connaître un Elfe de la réalité de l’Empire et des rouages de sa politique ? La Terre du Milieu avait bien changé depuis les vieux jours, et les légendes vivantes ne seraient d’aucun secours. L’âge des Hommes n’était pas l’âge des Elfes, et les rois de jadis ne pouvaient pas donner de leçons aux rois d’aujourd’hui. De plus, les hommes se méfiaient des Dieux et des Magiciens. N’étaient-ce pas Sauron et Saroumane qui avaient presque détruit leur monde ? Ces entités étaient maléfiques, et leurs hérauts n’étaient que les annonciateurs du chaos et de la destruction. Quant au Pèlerin Gris, son souvenir s’était perdu, même dans pour la maison Telcontar. Gandalf avait agit de façon masquée : il avait libéré Théoden de Grima et rallié les hommes de l’Ouestfolde pour sauver le Gouffre de Helm, mais ce n’étaient pas des éléments notables. Il avait aussi guidé Frodon aux Neufs-Doigts pour un temps, mais les Hommes de l’Ouest se souvenaient surtout des Periannath, créatures humbles et providentielles qui les avaient sauvées des jours sombres. Les Dieux et leurs suivants étaient des dangers. Depuis Ciryandil, le culte aux Valar avait perdu de sa force dans la maison Telcontar, qui était la seule à la pratiquer, du fait de sa tradition elfique. Pour ainsi dire, les Hommes de l’Ouest étaient pratiquement tous athées. Aux yeux de l’Empire, ceux qui croyaient en des puissances mystiques, Morgoth ou Selameh, Sauron ou Varda étaient des fanatiques dangereux. Cette opinion était renforcée par le fait que certains de ces cultes conspiraient à la chute de l’Empire. Cet état d’esprit annonçait bien entendu des jours sombres pour l’Empire : Numenor était tombée le jour où les Hommes avaient cessé de craindre les Valar et de révérer Ilùvatar.

A la suite d’Aranir, ce furent Arwen et Aglahad qui entrèrent. Arwen salua son père et son frère avec une chaleur qui n’était presque pas feinte. Isildur accueillit Aglahad avec un sourire. Le Roi du Gondor était un homme droit et juste, incarnation vivante des rois de jadis. Isildur songeait bien souvent que le jeune Aglahad le dépassait en vertu. Il gérait les affaires du Sud en souverain compétent. Le Royaume du Gondor et ses marches australes étaient en de bonnes mains avec lui. C’était un soulagement, car les vassaux du Gondor, au contraire de ceux de l’Arnor, étaient revêches et ambitieux, certains avides de pouvoir. Sans oublier la frontière avec le Désert du Harad, qui était peut-être aussi dangereuse que celle de Rhùn. A vrai dire, Isildur n’aurait pas pu trouver de meilleur gendre pour sa fille. Sans oublier qu’Aglahad rendait sa fille heureuse. Cependant Isildur fronça les sourcils quand il entendit Aglahad lui dire qu’il était allé voir les étrangers de son propre chef, derrière son dos. Cette affaire devait être réglée plus tard.

Enfin Nimruzîr arriva dans le bureau, baigné de lumière et entouré de bibliothèques encadrées par des colonnes de marbre. Il salua l’Empereur et les convives avec déférence, avant de se placer debout à la droite de l’Empereur. C’était une présence menaçante sur laquelle il fallait désormais compter. Isildur prit alors la parole.

« - Je vous ai rassemblé ici afin que nous réglions d’avance les questions les plus importantes de la Diète impériale. Nous devons présenter un front uni devant les seigneurs de l’Empire, et je ne tolérerai aucun écart. » Il lança un bref regard en coin à Barahir, avant de poursuivre. « Le Nord et nos marches australes nous causent de nouveaux problèmes. Mais le danger le plus pressant est en Rhùn. J’ai reçu un rapport inquiétant de Moraucò, général de l’Arbre Noir. Les conflits religieux entre les suppôts de Morgoth, ces infâmes nostalgiques de Sauron, et le Patriarche du Culte du Soleil est clos. Ne vous réjouissez pas trop vite. Même si j’abhorre ces cultistes sanguinaires, et que leur destruction est un bien pour tous, il y a davantage qui se trame dans l’ombre. Nos espions croient que cette disparition n’est qu’une mise en scène. On a reconnu à Mistrand un prêcheur du culte du Soleil, comme étant un ancien fanatique de Morgoth. Il était connu de nos services à son insu. D’autres rapports nous laissent entendre que ce n’est pas un cas isolé. Il se pourrait que le culte ait été infiltré par les sbires de Morgoth, et ce jusqu’au plus haut point. Car le Patriarche s’est mis à prêcher la croisade contre l’Empire, et si les fanatiques de Morgoth ne s’opposent plus à lui comme ils l’ont fait jadis, au cours de nombreuses guerres religieuses, alors rien n’empêchera cet illuminé de rallier tous les peuples de Rhùn à sa cause.
Je vous le dis clairement, notre Empire n’a jamais affronté une telle menace. Nos assises sont plus solides qu’elles ne l’étaient au début du règne de l’illustre Ciryandil, mais la marée qui nous menace est bien plus terrifiante. L’Arbre Noir a déjà mis en œuvre un plan pour nous débarasser de cette menace d’une façon, disons, permanente. Son succès est des plus incertains. C’est pourquoi nous devons nous préparez à toute les éventualités. Nous devons être prêts. »


La voix de l’Empereur se brisa, et il regarda fixement le sol.

« Mes enfants, je vous le dis en toute honnêteté. Je crois que la guerre est sur nous, et je ne sais pas quel sera l’état de l’Empire une fois que la tempête sera passée. Le Rhôvanion est garni de trois légions, et le Calendor en comporte l’équivalent de deux. Ce n’est pas suffisant. Les seigneurs de guerre orientaux peuvent aligner des centaines de milliers d’hommes, dont de nombreux cavaliers, capables de se mouvoir en petits ou en grands groupes, ravageant la campagne pour s’enfoncer dans nos terres. J’ai donné l’ordre à tous nos généraux de se tenir en état d’alerte. Le Mur est sur le pied de guerre, les forts de la Celduin ont été garnis. Les permissions de nos soldats ont été repoussées. La marée peut surgir à tout moment, et nous ne devons pas être les marcheurs qui sont surpris et noyés par les eaux. Le Mur de mon père est une bénédiction. Nous avons une chance de contenir les Orientaux à nos frontières. La marée peut s’écraser contre nous. Nos frontières ont déjà été éprouvées. Pas un seul Oriental n’a passé nos frontières depuis près d’un siècle.
J’ai convoqué la Diète impériale dans un unique but : éviter la destruction du monde des Hommes. Barahir, Aglahad, vous devez tenir vos hommes prêts pour la guerre. Les arsenaux doivent être prêts. Nous avons été trop laxistes. Nos soldats sont mal équipés, nos vassaux n’accordent pas suffisamment de fonds à l’entretien de leurs troupes et de leurs arsenaux. Je suis très mécontent. L’Empire qui faisait la fierté de nos ancêtres et qui terrifiait nos ennemis est devenu un fruit mou et pourri, prêt à éclater. Vous n’avez pas été à la hauteur de mes attentes. »


L’Empereur s’était levé, et avait commencé à marcher dans le bureau, contemplant le fleuve qui coulait en contrebas.

« Depuis dix générations de Dùnedain, les royaumes de l’Ouest ont tenu face à toutes les menaces qui ont manqué de les faire tomber. Le temps de la paix est révolu. Je me souviens encore de l’année 898. L’Empire a survécu grâce aux légions d’Arnor que je menais au combat en renfort, comme l’avait fait jadis Ciryandil. Le soleil brillait sur les épées et les casques, et nos cavaliers se couvrirent de gloire en ces temps-là. Je n’en attends pas moins de toi aujourd’hui Barahir. Pendant de nombreuses années, l’Intendant Belecthor III a tenu le siège de Calendor. Si une nouvelle coalition se prépare, c’est là qu’ils nous frapperont, au ventre. Le Calendor est le grenier de l’Empire. Tu dois te tenir prêt Aranir. »

Isildur se rassit et resta silencieux un moment, pensif.

« Le Patriarche veut notre chute. Il accuse l’Empire des pires maux. Face à cette diffamation, nous devons nous montrer plus vertueux que jamais. Je veux un Empire exemplaire. Nous devons être à la hauteur de ce que nous défendons. Un Patriarche qui serait peut-être sous l’influence du culte de Morgoth, et maintenant un Roi des Elfes qui vient nous prévenir du retour de ce dieu maléfique. » Et ce rêve que j’ai eu, cette terrible nuit, songea Isildur. « Ces révélations sont des plus troublantes, et je ne sais pas jusqu’à quel point nous devons y accorder du crédit. Je t’écoute Aranir, toi qui a donné l’audience. »
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MessageSujet: Re: [Event] L'Ombre de Morgoth   Jeu 18 Aoû - 16:21

Aranir attendit patiemment l'arrivée du dernier participant qui ne mis guère longtemps à arriver aux côtés de sa femme, nul doute que ce n'était pas sa place, aussi noble soit-elle. L'Intendant fronça les sourcils en entendant le Roi du Gondor annonçait qu'il s'était entretenu avec les étrangers, même s'il n'était pas foncièrement opposé à cela, il aurait mieux fait de le garder pour lui. Alors qu'Aranir attendait que l'Empereur prenne la parole, un quatrième invité s'invita dans la discussion, cet umbarien de Nimruzir, le conseiller personnel de l'Empereur et un personnage des plus intriguants qui n'avait d'ailleurs jamais caché son mépris pour l'Intendant et son travail, aussi gigantissime soit-il. L'Intendant inclina légèrement la tête pour saluer le conseiller avant qu'Isildur ne prenne la parole.

Il aborda tout d'abord le sujet des marches australes de l'Empire, les haradrims avaient souvent été rebelles mais ils avaient été plutôt bien intégrés à l'Empire malgré les tribus du désert qui n'accordaient aucune importance aux affaires extérieures et se contentaient de piller et de violer, contrairement aux Northmens qui pour une partie n'acceptaient toujours pas la domination impériale, facilité par la survie de la branche royale de l'autre côté de Vert-bois. Mais le peuple avait-il réellement un avis là dessus ? Sans l'Empire, les orientaux auraient détruits à de multiples reprises un éventuel royaume Northmens, il leur apportait protection et seul l'opposition de certains entrainait le malheur du plus grand nombre. Les véritables coupables des malheurs des hommes du Nord n'étaient pas les légionnaires impériaux mais bien ces « résistants » qui avançaient défendre la liberté, mais qu'en connaissait-ils ? L'Empereur arriva rapidement au véritable sujet de ses inquiétudes : les orientaux. D'après les services impériaux, le culte de Morgoth aurait infiltré au plus haut point celui du Soleil après avoir organisé sa fausse destruction.

L'Orient avait toujours été la principale menace du monde des hommes, autrefois corrompus par Morgoth puis par Sauron, malgré l'intervention du culte du Soleil, ils restaient des êtres avides de sang aux mœurs barbares qui ne vivaient que pour la guerre et lorsqu'ils ne pouvaient pas envahir les hommes de l'ouest pour réduire en esclavage et violer les populations innocentes, ils s'entretuaient. Par une habile politique, l'Intendant avaient toujours sû maintenir les dissensions entre les peuples d'orient, mais la disparition du culte de Morgoth avait entrainé une menace terrible sur l'Empire. Celle que leurs homologues du Soleil puissent unifier l'orient contre l'Empire, surtout depuis que le patriarche avait adoptés des positions virulantes contre Osgiliath. Aranir observa son souverain racontait de vagues souvenirs, s'attendant à ce que Barahir, le moment venu, soit capable de mener les légions de l'Arnor au secours de l'Empire. A l'évocation de son ancêtre qui avait si bien tenu le Calendor, l'Intendant baissa la tête en hommage à celui-ci et envisageant son propre rôle futur. Lorsque l'Empereur lui offrit la parole, Aranir releva la tête et répondit d'une voix assurée :

« Même s'il s'avérait qu'ils ne sont pas ce qu'ils prétendent être, ce dont je doute, ils pourraient être de puissants appuis. Peu nous importe s'ils ont raison ou non, même s'il faudra prendre en compte leurs avertissements, leur arrivée à Osgiliath est une aubaine pour l'Empire, une chance de sauver le monde des hommes des pires maux qu'amèneront avec eux les orientaux. Si l'Arbre Noir échoue à effectuer la volonté de l'Empereur, pourquoi ne pas nous servir de ces envoyés pour éliminer le Patriarche ? Ou tout du moins, les inviter à enquêter. Si le Patriarche est vértablement tombé sous la coupe de Morgoth, ces « héros » se convaincront d'eux même de la nécessité de les éliminer. »

L'Intendant avait ponctué ses explications de la gestuelle habituelle qu'il avait appris à maîtriser au cours de ses années d'expérience. Il attendit alors la réponse de Sa Majesté.
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MessageSujet: Re: [Event] L'Ombre de Morgoth   Mar 23 Aoû - 14:26

L’un après l’autre, les membres de la famille impériale Telcontar entrèrent dans la pièce. Néanmoins, un étrange personnage supplémentaire eut aussi droit à se joindre à eux : Nimruzîr, le nouveau conseiller d’Isildur. Barahir se méfiait de lui comme d’Aranir. Tous deux susurraient leurs mots dans les oreilles de l’Empereur, tel des vipères. Au moins, Nimruzîr était plutôt clair, tandis qu’Aranir se dissimulait derrière la voile mensongère de l’honneur, du respect et de l’obéissance inconditionnelle. D’un autre côté, Aranir restait son cousin. Barahir ne savait donc décider duquel il se méfiait le plus ; en tous cas, il savait parfaitement que ces deux-là n’étaient pas dignes de sa confiance.

Lorsqu’ils étaient tous là, son père commença son récit. Il parla des Northmen et des Suderons, mais surtout de la menace des Orientaux, ces ennemis éternels de l’Empire. Il parla de préparations, de mécontentement, de faiblesses. Cela frustra Barahir. L’Arnor était prêt et avait toujours été prêt sous son règne. Bien que l’Empereur avait raison en ce qui concernait certains vassaux peu attentifs aux demandes militaires, la situation était bien meilleure qu’autre part au sein de l’Empire. Tel était son père : même quand il avait exécuté les ordres impériaux de manière exceptionnelle, Barahir ne recevait pas les louanges de son père. Terré en Arnor, la colonne vertébrale de l’Armée Impériale, il avait été isolé depuis l’avènement d’Isildur. Aussi, lorsqu’Aranir termina de parler après que l’Empereur lui eut donné la parole, Barahir se redressa et dit :


-Père ! Comme je l’ai dit, vous vous faîtes rare en Arnor. Si vous seriez venu plus souvent ces dernières années, vous auriez vu que mon armée est prête. Il me suffit de sonner l’alarme et 50 000 hommes seront réunis en moins d’un mois à Tharbad, provisions compris. Mais si ça peut vous apaiser, j’enverrai un émissaire à Fornost dès ce soir pour ordonner à mon intendant de renforcer davantage nos réserves militaires. De plus, s’il en venait vraiment à la guerre contre les Orientaux, je demande à être nommé Généralissime des Armées Impériales, en tant que votre héritier. Je désire commander mes armées moi-même, et nommer un unique commandant suprême pour l’armée unifiée de l’Empire serait un gage de stabilité. A moins que vous ne souhaitiez chevaucher vers le Rhùn vous-même…


Barahir dévisagea son père d’un air sceptique. Isildur pouvait encore diriger des armées, mais de là à mener une campagne entière sur le front… Non, il allait probablement rester à Osgiliath pour diriger le tout depuis la capitale de manière politique, et il allait laisser les détails militaires à quelqu’un. Ce quelqu’un aurait dû être Barahir : c’était son droit, par le sang. Mais le prince héritier redoutait que son père désigne un autre noble à la place en dépit de tout cela. Cela n’aurait été ni juste, ni respectueux des traditions. Et on pouvait dire ce qu’on voulait d’Isildur Telcontar, mais il respectait les traditions. Après une courte pause, Barahir reprit :


-De plus, je suis d’accord avec mon cousin, l’Intendant Aranir. Je doute leurs paroles, mais qu’ils aillent en Rhùn. Nous n’avons qu’à y gagner : nous nous débarrassons de ces excentriques personnages et nous envoyons des agents enquêter pour la sécurité de l’Empire. Le plus tôt possible serait le mieux ; je n’ai guère confiance en ces potentiels imposteurs…
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MessageSujet: Re: [Event] L'Ombre de Morgoth   Dim 4 Déc - 15:30

Les yeux gris d’Isildur se fixèrent un à un sur Aranir et sur Barahir. L’Empereur se retint de rire : à quand remontait la dernière fois où ils s’étaient mis d’accord sur quelque chose ?
« - Votre idée me semble bonne, en plus de vous êtes commune, messires. Donc je vais vous faire l’honneur de la suivre. Nous laisserons ces trois héros et leur étrange troupe enquêter comme bon leur semble pour notre compte, mais nous devons pouvoir bénéficier de leurs rapports. Aussi je veux qu’ils soient traités avec la plus grande déférence, et je m’excuserai en personne pour l’incident survenu plus tôt.
Nous les laisserons aller, mais sous surveillance. Je mobiliserai l’Arbre Noir afin qu’il enquête dans la plus grande discrétion sur leurs agissements. Leur discours sur le retour du Noir Ennemi est possiblement subversif, et n’est pas bon à entendre pour toutes les oreilles. J’ai confiance dans la tenacité et l’esprit valeureux de nos sujets, ils sauront se sacrifier le moment venu pour la défense de notre monde, mais ils ne doivent pas associer le cataclysme qui nous accablera avec la fin des temps. Le moral est une chose déjà suffisamment fragile pour être balloté par des histoires fantasmagoriques. Aussi je vous demande de ne répéter à quiconque ce que je vous ai révélé à propos du Patriarche : le nom de Morgoth et de Sauron ne feront qu’ajouter de l’effroi à une situation déjà gravissime. »


Isildur marqua un silence, et contempla Barahir dans les yeux.
« - Tu es mon successeur Barahir, mais je te connais mieux que toi-même. Notre Empire s’apprête à connaître des heures sombres, et je dois optimiser les compétences de chacun. Pour l’heure, je dois admettre que tu as toujours fait preuve de grandes qualités pour être là où on ne t’attendait pas, pour me surprendre, et contrecarrer les plans que j’avais pour toi avec un acharnement insoupçonnable. J’ai besoin de toi à la tête de l’Arbre Noir : tu prendras le commandement des opérations visant à rétablir notre mainmise politique et économique sur les peuples de Rhùn qui accepteront encore de nous rester fidèle. Tu devras contrecarrer l’influence du Patriarche, qui semble inarrêtable pour le moment. Aranir te secondera avec la plus grande diligence, son réseau d’influence en Rhùn nous révèle toujours des surprises. Travaillez ensemble, mes fils. Vous partirez pour le mur au plus vite. »
Isildur avait mis sa main sur l’épaule de son neveu et de son fils ainé, et les embrassa chacun tour à tour, d’une accolade.

Il s’avanca vers le fond de la pièce, vers Aglahad qui était resté silencieux.
« - Quant à toi Aglahad, prépare-toi à prendre le commandement de tes troupes et de l’ost impériale. L’ost d’Arnor sera la dernière à être levée, celle du Gondor la première : je veux au plus vite un général que les troupes connaissent pour affronter l’armée de Rhùn. Tu batailles pour la sécurité de nos frontières contre le Harad depuis longtemps. Ta popularité auprès de l’armée nous sera d’un grand secours. » Isildur se retourna brusquement.
« J’accepte ton invitation à dîner, Barahir. Amène Melian à l’heure du crépuscule. Il me tarde de voir ma petite-fille. Nimruzir, j’aimerais vous dire deux mots. »
Isildur sortit de son bureau avec le séduisant conseiller à sa suite.
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MessageSujet: Re: [Event] L'Ombre de Morgoth   Mer 7 Déc - 23:27

♦ Nimruzîr - Conseiller de l'Empereur

« Nimruzîr, j’aimerais vous dire deux mots. »

Les graines de la discorde et la confusion étaient semées. Alors que l'Empereur aurait pu faire appel à n'importe qui d'autre que lui, principalement des membres de sa famille, celui-ci avait décidé de s'entretenir en privé avec son conseillé le plus fidèle, du moins c'était ce qu'il pensait. C'est encore une fois, la preuve irréfutable du doute de sa Majesté envers son cercle familiale, à qui depuis de nombreuses années, il déléguait la charge du royaume.

Barahir prendrait le contrôle de l'Arbre Noir, rôle que le Conseillé aurait bien voulu remplir, mais l'Empereur avait visiblement d'autres projets pour lui. Le commandement des armées, revenait à son beau fils, contrairement à la tradition qui voulait que le fils aîné commande les armées. Nimruzîr avait hâte de voir la réaction de l'Héritier au Trône concernant cet affront, que l'Empereur avait volontairement, ou non, fait.

Le rôle de l'Intendant n'était pas lui non plus très élogieux, comparablement à ses capacités de gestions reconnus dans le royaume. Quand aux envoyés des « Valar », ils pourraient errer dans l'Empire, sous surveillance de l'Arbre Noir. C'était une décision que le Conseillé n'approuvait pas, mais il n'était pas en mesure d'exiger, ou d'inciter, à faire le contraire.

« Je vous suis, Majesté. Messeigneurs, c'était un honneur de vous rencontrer ou de vous revoir. Le devoir m'appelle cependant. Nous n'aimerions pas faire attendre l'Empereur, donc je vous souhaite une bonne journée et un bon voyage de retour, pour ceux qui quitteraient la Capitale d'ici peu. »

C'était une manière polie et raffinée, de faire de la provocation. Ces idiots devaient comprendre que le véritable pouvoir, n'était pas le pouvoir lui-même, mais de tout ce qui gravitait autour. Le jeune Numénoréen suivit l'Empereur jusqu'à ses quartiers, où les deux hommes avaient l'habitude de s'entretenir, loin de toutes les civilités.

Cette fois-ci, le jeune conseillé impérial ne venait pas les mains vides, puisqu'il transportait avec lui une boite en or, orné et couverte de dorures.

« Voilà une diète très mouvementé, cher ami. Avant que nous commencions, j'ai ce présent à t'offrir, en remerciement de la confiance en laquelle tu me portes, mais aussi au nom de notre amitié, qui m'est chère. C'est une chevalière datant de Numénor, elle est très ancienne, particulièrement importante à mon cœur. Lorsque je n'étais qu'enfant, on m'a raconté qu'un jour, elle fut porté par Az Pharazon en personne. Je ne sais pas vraiment comment ma famille l'a eu en sa possession, mais c'est aujourd'hui la tienne. Ce serait un honneur et un privilège pour moi, si tu acceptais de la porter. »

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MessageSujet: Re: [Event] L'Ombre de Morgoth   Jeu 15 Déc - 22:01

Nimruzir s’était retiré avec l’Empereur dans ses quartiers privés. Cette partie du Palais aux Etoiles était fréquentée par peu de personnes, et par encore moins de personnes aussi souvent que Nimruzir. Chaque soir Isildur et Nimruzir s’entretenaient de la situation de l’Empire. Nimruzir le conseillait, sans flatterie, et n’hésitait pas à mettre l’Empereur devant ses contradictions. Il défendait l’ordre et la paix, et pourtant il laissait la situation s’envenimer aux frontières septentrionnales et australes de l’Empire. Il pensait que son fils ferait un piètre Empereur, mais il ne faisait rien pour l’empêcher d’accéder au trône. Il voulait rétablir la paix aux frontières orientales de l’Empire, mais il se refusait à la conquête, qui s’était révélé être le seul moyen au cours des siècles passer pour calmer durablement les relations avec l’Est. Vaincre, sans pitié. Peu importe le coût en hommes. Après tout, Nimruzir le répétait souvent, maintenir un service militaire permanent permettait de calmer les ardeurs des citoyens pauvres, et d’éviter les troubles sociaux. Nimruzir était un homme belliqueux, mais de ces hommes qui sont belliqueux depuis les salons de marbre du pouvoir, et ne voyaient jamais le front. Sa pensée était froide, mais ses conseils avaient apporté des succès à l’Empire au cours de ces dernières années. L’armée était prête pour la guerre. Cela avait envenimé les relations avec l’Orient, qui craignait une invasion à tout moment. La réputation de Nimruzir le belliqueux n’était plus à faire. Une partie de la populace l’insultait et l’accusait de brouiller l’esprit de l’Empereur, clément par nature, et quant à la noblesse, celle-ci avait appris à raser les murs du palais, craignant la colère du haut conseiller, qui avait causé la chute et l’élévation de davantage de nobles à la cour cette dernière décennie qu’Amandil de tout son règne. Quant à Isildur, quand il ne gérait pas les affaires pressantes de l’Empire, il se retirait souvent dans son bureau pour écrire. Du haut de sa tour d’ivoire, l’Empereur du monde songeait. Ces derniers temps ses songeries étaient troublées.
C’était l’héritage de dix siècles qui reposait sur ses épaules. De mémoire d’historien, nul royaume des hommes n’avait tenu aussi longtemps en exerçant sa puissance sur un aussi grand territoire. Pas même la grande Numenor, dont l’empire s’était effondré en un claquement de doigt. Avec le temps, Isildur était devenu pessimiste. Certes, son esprit stoïque ne tremblait pas en pensant à la chute de l’Empire. Ce qui devrait arriver arriverait, et un seul homme n’avait pas le pouvoir d’enrayer la chute d’un monde construit par les efforts conjugués de dizaines de générations. Il ferait ce qu’il pourrait. Il donnerait tout. Mais son intuition lui annonçait la fin d’une ère. Ce que l’ère qui allait s’ouvrir apporterait, l’avenir seul était capable de le dire.
Isildur ne désespérait pas, mais il était désormais à un carrefour, comme son homonyme de jadis. Les chemins devant lui étaient brouillés.
« - Ton cadeau m’honore Nimruzir. Que cette chevallière soit pour moi un rappel quotidien des dangers de la démesure, qui a causé la perte de Numenor. Et un rappel aussi du danger que représentent les Dieux. J’ai l’impression qu’eux, les Dieux, et la magie, se réveillent de partout. Beaucoup d’hommes à l’esprit raisonnables méprisent ces choses. En un sens, ils ont raison d’être désabusés, leur esprit est plus fort. Ils se trompent tout de même. Il n’y a pas plus puissant qu’un dieu qui est cru : les Dieux viennent à nouveau de lever une immense armée contre nous à l’Est. Qu’est-ce que le culte du Soleil, sinon la preuve du pouvoir de la divinité ? Mon mentor, le vieux Posca, m’a dit un jour : il n’y a jamais eu de magiciens dans ce monde, mais leur pouvoir a toujours existé sur ceux auxquels ils ont eu le talent de se faire passer comme tel. "Mais nous ne voyons pas les dieux", me répondent-ils. Imbéciles ! Il suffit de croiser le regard d'un illuminé, pour voir que les dieux sont bien vivants, et qu'ils vous contemplent fixement. Voilà pourquoi je ne méprise pas cette troupe qui prétend être venue du royaume des Dieux, et pourquoi je crains le Patriarche. Savoir si le divin et la magie sont des réalités est un débat de sots, ou de doctes savants, ce qui est identique me diras-tu. En effet, il suffit de voir le pouvoir qu’ils ont sur les hommes pour se convaincre du danger ou des atouts qu’ils peuvent représenter. »

Isildur enchaîna sur une autre question.
« Dis-moi Nimruzir, ton point de vue m’est toujours aussi précieux, comment analyses-tu les évènements de cette journée, et que devrais-je faire à propos des membres de ma famille ? »
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MessageSujet: Re: [Event] L'Ombre de Morgoth   Lun 19 Déc - 0:20

♦ Nimruzîr - Conseiller de l'Empereur

Cette fois encore, les deux hommes s'entretenaient en secret, à l’abri des regards et des oreilles d’indiscrètes. Nimruzîr se nourrissait des craintes de l'Empereur pour s'élever dans la société. Il était présent dans tous les domaines. A l'origine, il n'était qu'un humble fonctionnaire de la Compagnie Marchande, détaché à Osgiliath pour conseiller l'Empereur, en matière d’économie. Très souvent, ses idées entraient en conflit avec l'intendant, qui n'avait pas la même vision que lui de l’économie. Rapidement, il délaissa son rôle pour se rapprocher de l'Empereur, jusqu'à ce qu'il devienne son confident, voir même son ami. Désormais, Nimruzîr est gouverneur de Cair Andros, et Haut Conseillé de l'Empereur, titres qu'il aime arborer avec fierté.

« Je crains que la situation ne soit plus sombre que votre famille l'imagine, hélas. Je pense que tu connais ma position, concernant ces fanatiques. La guerre est la seule chose qui puisse mettre un terme à leur mouvement. Nous devons tuer cette menace dans l’œuf. Plus tu attends, plus la situation deviendra instable et dangereuse pour la pérennité de ton héritage. Je te sais plus prudent que moi, mais je pense sincèrement que ce patriarche doit mourir avant d'avoir pu rallier d'autres tribus à sa cause. Contrairement à la dernière Balchoth, l'Empire est fort et solide, nous pouvons et devons mettre fin à cette mascarade. Nous n'avons pas besoin de ces étrangers et nous ne devons pas leur faire confiance, comme tu l'as dit à la diète.. A ta place, je les aurai fait enfermer. Souviens-toi, mon ami, que toutes les plus grandes crises de notre histoire sont arrivés par leur fautes. »

« Votre Fils Aîné est brave et intelligent, mais il est aussi imprévisible et impulsif. Penses-tu vraiment qu'il sera capable de rester à sa place et s'assurer le fonctionnement de l'Arbre Noir ?  N'aurait-il pas été plus sage de mettre à sa tête quelqu'un de plus fiable et raisonnable ? Comme votre neveu, par exemple. Le travail des Intendants en Orient a consolidé la stabilité de nos frontières. Peut-être serait-il temps de consolider drastiquement les pouvoirs de l'Intendant sur le protectorat, non ? La peur, voilà ce qui balayera les contestations de ces sauvages.»


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MessageSujet: Re: [Event] L'Ombre de Morgoth   Dim 25 Déc - 20:06

L’esprit belliqueux de Nimruzir s’était encore exprimé. Selon lui il fallait agir militairement en Rhun et relancer une politique de conquête militaire, qui avait fait le succès des premiers Rois du Royaume Réunifié. Dès que ceux-ci étaient restés sur leurs acquis, ils avaient laissé assez d’espace aux Orientaux pour qu’ils fomentent des coalitions contre l’Empire. Selon la doctrine Nimruzir, la paix ne pouvait être achevée que par la conquête du monde. C’était en conquérant que l’Empire était devenu fort. La méthode d’Amandil, qui avait consisté à se replier derrière un mur de défenses impénétrable, et à développer des relations amicales avec les peuples frontaliers, tout en utilisant l’Arbre Noir pour détruire toute résistance dans l’ombre s’était révélée très efficace tant que les Orientaux demeuraient divisés. S’ils s’unissaient, le résultat de cette politique serait catastrophique. C’était ce que Nimruzir prédisait depuis de nombreuses années. C’était ainsi qu’il avait gagné l’oreille de l’Empereur.
« - Je n’ai pas mis Barahir seul à la tête de l’Arbre Noir : c’est justement parce que j’estime grandement l’Intendant Aranir et son travail en Orient que je lui ai demandé de seconder Barahir. Je ne pouvais pas refuser à Barahir de prendre la tête de nos armées sans lui donner un poste prestigieux par ailleurs. Il demeure mon héritier, et doit faire ses preuves, non plus seulement en tant que roi d’Arnor, mais à l’échelle de l’Empire. Je ne peux pas risquer de mettre un général que je sais impulsif et qui n’a pas encore fait ses preuves à la tête de mon armée dans des temps aussi périlleux. Cependant je dois voir le futur lointain : un jour Barahir règnera sur l’Empire. J’ai eu tort pendant ces dernières années de l’écarter du pouvoir. Qui sait, la guerre a déjà forgé et fait naitre bien des hommes valeureux. Peut-être Barahir sera-t-il de cette trempe. »

Isildur bailla. La journée avait été longue, et la dernière nuit courte.
« - Je m’en vais dormir, Nimruzir. Je te saurai gré d’accepter le congé que je te donne. »
Isildur alla rejoindre sa femme dans la chambre à coucher, et après quelques passes sensuelles, s’endormit rapidement, déposant la chevalière que lui avait offert Nimruzir à côté de son lit.
Au dehors la nuit était claire mais sans lune. Mais bientôt un voile ténébreux recouvrit les étoiles. Isildur s’agita dans son sommeil.

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MessageSujet: Re: [Event] L'Ombre de Morgoth   Dim 25 Déc - 20:10

Chapitre 3 : Lumbë Melkoro

L'Ombre de Morgoth


Dans son rêve, une masse sombre, un colosse formé de nuages s'avançait dans la nuit noire qui surplombait une forêt inconnue. La masse sombre devint un orage : elle fulminait de colère. Tout d'un coup elle engloutit tout, comme une brume qui descendait sur le sol. Isildur étouffait, il se trouva pénétré par l'ombre. Bientôt, il était devenu l'ombre elle-même. Son esprit voyagea loin dans la nuit. Tout d'un coup les ténébres et le chaos disparurent, et il eût une vision claire. Il venait de traverser un mur, et se trouva dans une pièce désaffectée, un hall du temps des rois du Gondor. Il eût pu jurer que cet endroit était quelque part dans Osgiliath. Les lumières de la pièce déclinèrent jusqu'à être sur le point de s'éteindre, et l'ombre - Isildur - engloutit bientôt tout. Quand il était entré, un vieillard encapuchonné était à genoux devant un prince à l'armure brillante, d'une beauté extraordinaire, et au visage lumineux qui brillait avec un éclat divin. Lorsqu'Isildur entra, le prince se retourna, et s'agenouilla bien bas, murmurant : "Père."
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MessageSujet: Re: [Event] L'Ombre de Morgoth   Dim 25 Déc - 20:45

Il était le fruit de l’ombre et de la lumière. Son père l’avait nommé Tindernil, le Prince du Crépuscule. A ce titre, il pensait être l’être le plus parfait de l’univers. Le monde n’était ni blanc, ni noir. Il était chaos, mélange et complexité. Il aimait Arda comme il s’aimait lui-même : il ne voulait pas la détruire, il voulait la gouverner. Il le ferait au nom de son Père, Morgoth, qui était à ses yeux le créateur véritable de ce monde. Morgoth était le Père du Chaos, car Arda était Chaos. Sans lui, Arda n’aurait été qu’un lieu sans intérêt, un monde plat et sans avenir, baigné dans la seule lumière des Ainur. Grâce à Morgoth, il était possible pour chacun de réaliser de grandes choses. Les ambitions de l’être le plus vil pouvaient lui permettre de s’élever dans le monde. En ce sens, le Prince du Crépuscule était fasciné par les Hommes. Ils allaient rampant à travers le monde, se mêlant dans la fange, et cachant leurs vices derrière de beaux atours une fois qu’ils avaient suffisamment de moyens pour les dissimuler. Les plus puissants n’étaient que les plus hypocrites. Fortune, pouvoir et amour n’étaient fondés que sur des vices : les Hommes y voyaient là de brillants joyaux, mais seul leur désir inassouvissable les allumait. Avarice, volonté de puissance, perversion. Lumière, et par-dessous, l’ombre. Pour conquérir ce monde, Tindernil le savait, il lui faudrait travailler dans l’ombre. C’était là que ses tiraient toutes les ficelles. Ainsi, il s’était lui-même donné le titre d’Homme du Silence, Anwedin. C’était le titre qu’il se donnait quand il prenait forme humaine, forme qu’il affectionnait, on s’en doute, par-dessus tout. Durant le temps court de son existence, Anwedin avait beaucoup appris de l’Homme. Ces êtres se croient d’une complexité et d’une grandeur extrêmes, mais il lui avait suffit de lire leur théâtre et les récits des actions de leurs rois, et de fréquenter quelques-uns d’entre eux pour que le prisme de l’humanité se révèle à lui. Il avait tout vu, croyait-il, de cette race. Et il l’adorait.

Comme les amateurs d’art, qui voyageaient à travers des contrées entières pour voir des chefs-d’œuvre inégalés, Anwedin arrivait enfin à Osgiliath. C’était dans ce lieu de pouvoir, où se trouvaient les plus belles femmes du monde, les hommes les plus riches et les seigneurs les plus puissants, qu’il pourrait admirer la foule glapissante du crépuscule. Car les Hommes étaient fils du Crépuscule tout comme lui, arrivés en Arda après la mort des Deux Arbres, et plongés dans les ténèbres dès le commencement. Et cette génération vivait également dans le Crépuscule de leur monde, car Arda serait bientôt gouvernée par Morgoth. L’équilibre final allait être rétabli, Valinor serait détruit. Morgoth aurait sa vengeance. Le monde lui appartiendrait, et il le gouvernerait, avec le Prince du Crépuscule à ses côtés. Anwedin régnerait sur les Hommes, cette race qui le fascinait, comme elle avait fasciné Sauron avant lui, qui s’était plu à la corrompre et à la gouverner. En les corrompant et en les assujetissant à sa volonté, Anwedin ne ferait que réaliser leur véritable nature, écrasée sous les mensonges des Valar. Les Hommes devaient vivre dans la bonté et la vertu, uniquement ? Mais les Valar les avaient abandonnés, les avaient exclus de leur royaume et les avaient abandonnés à Sauron. Le règne de Tindernil serait plus doux, et en même temps plus terrible. Il les gouvernerait de l’intérieur. Il les rendrait immortels, afin qu’ils puissent le servir à jamais, s’il le pouvait. Il était certain que son père, une fois sa vengeance obtenue, pourrait déployer ses pouvoirs immenses, qui dépassaient l’entendement.

Tindernil regardait le crépuscule, le Soleil qui s’en allait à l’Ouest. Son cœur fut un instant pénétré par la nostalgie. Le peu de temps qu’il avait passé en dehors du monde lui avait été comme l’éternité : là-bas, il n’y avait pas de temps, pas d’âges. L’esprit humain ne pouvait pas le comprendre. Si son père haïssait cet endroit, Tindernil, qui n’avait connu que cela, s’y était senti en paix. Dans le vide, où il ne devait y avoir ni lumière, ni ténèbres, lui y avait trouvé ses deux parents, le Soleil, et Morgoth. Il ne ressentait pas d’amour à leur égard, ce sentiment purement lumineux. Il ne ressentait pas non plus la colère. Il ne ressentait que la paix.
A présent, il avait été projeté dans le monde, et l’équilibre de son être avait été rompu. Les passions s’étaient soudain déchaînées en lui, bonnes comme mauvaises. Mais il savait qu’il agissait sous le regard de son père, qui avait suivi ce test avec attention. Cependant son père était un Vala, et sa mère simplement une Maia. L’Ombre serait toujours plus forte en lui. Et ainsi il serait plus fort : car c’était bien en agissant dans l’ombre qu’il attendrait la toute-puissance. Désormais, il connaissait la façon dont les ténèbres composaient l’âme humaine, la striaient et la parcouraient, comme la sève à travers le bois, comme le sang à travers la chair. Quand la nuit fut pleinement tombée, il sentit la vie battre en lui, à pleine puissance. Il mit pied à terre, enlevant la selle de son cheval, un étalon bai. L’animal partit, au galop. Anwedin aimait marcher parmi les hommes comme l’un d’entre eux, mais cette fois-ci il lui faudrait faire impression, pour soumettre leurs esprits. Son corps devint cendres, poussière : une fumée de ténèbres et d’étoiles scintillantes mêlées, qui s’envola au dessus de l’eau du fleuve, légère comme un souffle. Le corps sublime du Prince du Crépuscule se recomposa dans la cour en pierre, au fond de laquelle poussait un cyprès. Au milieu se trouvait une fontaine, dont le cours ne s’arrêtait jamais. Quand les hommes virent Anwedin surgir de l’ombre, ils s’inclinèrent tous devant le Fils de Morgoth. Anwedin s'approcha d'un des hommes à genoux, le laissa lui baiser la main, avec de le relever.

"- Nimruzir, mon plus fidèle et mon plus loyal, conduis-moi au Vieillard."

Anwedin s'engouffra dans le tunnel qui menait dans le souterrain du coeur de la ville, à la suite de Nimruzir et de ses noirs disciples. Au terme d'une longue marche, il arriva dans une vieille salle de marbre, d'un sublime vétusté, éclairée par des torches. Anwedin se retourna vers les acolytes de Morgoth et leur lança d'une voix suave : "Laissez-nous, désormais.". Anwedin s'arrêta après avoir parcourut la pièce, un rictus aux lèvres. Un vieillard encapuchonné se tenait au milieu de la salle : il s'inclina quand il se retourna vers lui. Mais bientôt les lumières disparurent, presque sur le point de s'éteindre. Une ombre avait pénétré la pièce, c'était l'esprit de Morgoth, Anwedin le savait. Cette présence terrible, qui réduisait son esprit à l'état de servitude, c'était son père. Quand il ressentait sa colère et sa haine le pénétrer, il en ressentait une jouissance extrême. Le Fils de Morgoth tomba à genoux devant son Père.
"- Père", murmura-t-il.

Une voix rauque comme un craquement de tonnerre lui répondit, semblant provenir de nulle part. Chaque fois qu'elle parlait les torches diminuaient en intensité.
"- Tindernil, prince du Crépuscule, mon fils. Alatar, l'Ombre de ma Volonté, mon fidèle lieutenant. Ce soir, dans la nuit, au centre du monde, sous le regard aveugle des Valar, nous nous entretenons de la défaite du Monde. Ma victoire finale approche : si vous échouez à la faire advenir, la souffrance que je vous infligerai ne sera rien comparé à la punition des Valar.
Tindernil, tes vagabondages vont immédiatement cesser. J'ai besoin que tu agisses contre les Nains qui sont sur le point d'atteindre le faîte de leur puissance. Le contrôle des Montagnes par ces viles créatures sera un frein à mon ascension dans les Terres du Milieu. Je veux que tu ailles à la Moria, regrouper les fragments de mon armée, et que tu multiplies le nombre d'orques qui rampent dans les cavernes. Je veux que tu fasses naître de nouvelles créatures, monstrueuses, qui instilleront la Terreur dans le coeur de mes ennemis. Va à la Moria pour superviser l'incarnation de ma nouvelle armée. Tes frères et soeurs sont prêts : ce sont des esprits plein de colère, qui attendent ton commandement.
La Moria sera la première étape de mon ascension. Dès que tu l'auras conquise et que j'en aurai fait mon bastion, nous pourrons lancer la première étape de la conquête d'Arda. Comme Utumno jadis, et Angband avant notre cruelle défaite, je ferai ma forteresse dans le coeur de la montagne, que les Hommes ne connaissent pas, où les Elfes répugnent aller, et qui sera le tombeau des Nains. Tindernil, mon fils, apporte moi la tête de Durïn Septième et Dernier du nom. Ta récompense sera immense.
- Père, j'accomplirai votre volonté."


Morgoth demeura silencieux, savourant sa propre ingéniosité. Les Nains ne s'attendront pas à rencontrer une telle résistance dans la Moria : ils seront pris entre le marteau et l'enclume du roi des Ténèbres. Morgoth, à cette heure là, mettait de grands espoirs dans le Prince du Crépuscule. C'était son arme la plus terrible, secrète, à laquelle les Valar et leurs sbires ne s'attendraient pas. Il en avait une deuxième, un pantin, qu'il agitait pour distraire ses ennemis. C'était celui qu'il fallait en l'appelant son Ombre. Mais le seul but de Morgoth était de le sacrifier, lui et ses stupides serviteurs, afin de mettre l'Empire à genoux. L'âge des Hommes approchait de sa fin. Morgoth n'avait cure de sacrifier tous les hommes de Rhùn, si cela permettait de briser l'Empire. Pour le moment, Isildur Telcontar était trop puissant. La seule solution était de le rendre fou, et le corrompre si cela était possible. A défaut, il le tuerait, et ferait en sorte de déclencher une guerre entre les prétendants à sa succession. Morgoth tenait tout le monde des hommes dans sa main : il se préparait à écraser leurs rêves et leurs existences pathétiques dans le creux de sa paume.

"- Alatar, mon fidèle serviteur. As-tu satisfait à mes attentes ? As-tu utilisé brillamment les pouvoirs que je t'ai confié jusque là, ainsi que mes cultistes fanatisés ?"

_________________
Anwedîn, l'Homme du Silence
Tindernil, le Prince du Crépuscule
Ernilgurth, le Maître de la Mort

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MessageSujet: Re: [Event] L'Ombre de Morgoth   Jeu 29 Déc - 16:58

L'Empire était puissant, si puissant que si les frontières étaient bien gardés, le reste de l'Empire se révélait exposé comme jamais il ne l'avait été. Alors que les patrouilles intensifiaient aux portes de l'Orient, rien ne pouvait empêcher les vieillards innocents de circuler en Arda. Surtout si ils pouvaient se montrer aussi convainquant que le serviteur de Morgoth. Montant sa fière monture, il se dirigeait vers les grandes portes d'Osgiliath. Depuis des mois, il chevauchait vers le cœur de l'Empire, une réunion importante l'attendait dans la nuit. Lorsqu'il arriva, le soleil commençait tout juste à se coucher, il chercha donc une auberge où il pourrait patienter en toute discrétion. Nous étions en pleine nuit, les rues étaient désertes, hormis les rares patrouilles qui allaient et venaient. La Capitale était bien loin de se douter de se qui se passait réellement, ce soir. Le vieil homme se dirigeait silencieusement vers l'entrée d'un tunnel secret, normalement protégé, mais ce soir, il n'en était rien, son protégé s'en était assuré. Ce dernier, l'attendait d'ailleurs dans le tunnel, il s'agenouilla devant celui qui l'avait recruté il y avait plusieurs années.

« Maître … c'est un plaisir de vous revoir après tant d'années. Les choses ont beaucoup évolué depuis votre départ d'Umbar. Tout se passe comme vous le souhaitiez.Vous êtes le premier, suivez-moi. »

Le vieillard était impassible, ses traits neutres et son allure inébranlable. Ensemble, ils s’engouffrèrent dans les allées du tunnel jusqu'à déboucher dans une grande salle habillé de marbre. Le vieil homme se plaça au centre de celle-ci, statique, il ne bougeait plus. Les minutes se succédèrent, puis un homme radieux entra à son tour. L'homme encapuchonné s'inclina sobrement à son apparition, puis ne lui accorda même plus un regard. Il paraissait inanimé, inhumain. Puis la lumière se tamisa peu à peu, jusqu'à ne plus être. Il y eut un courant glacé, puis une voix rauque … puis une ombre. Si le vieillard n'avait pas manifesté une grande dévotion en voyant le fils de Morgoth, il en était tout autre pour son Maître. Il s'agenouilla et attendait patiemment qu'on lui donne la parole. Les ordres avaient été donné à Anwedin, c'était maintenant son tour de présenter ses progrès.

"- Alatar, mon fidèle serviteur. As-tu satisfait à mes attentes ? As-tu utilisé brillamment les pouvoirs que je t'ai confié jusque là, ainsi que mes cultistes fanatisés ?"

« Tout se passe comme vous l'aviez prévu, mon Maître. Le Patriarche d'Akkar se montre encore plus utile que vous ne l'aviez escompté. La prise du pouvoir en Orient est proche, Akkar et ses alentours sont désormais complètement sous notre domination. La grande campagne d'unification est en cours, alors que la colère gronde contre l'Empire. Les chefs de clans sont aux abois, les peuples souffrent de la faim. Comme vous le pensiez, l'Empire tente d'éviter l'escalade à la guerre, qui semble pourtant inéluctable. »

« Notre principal atout, c'est la présence d'agents à notre service dans les administrations impériales. Vos serviteurs se sont infiltrés partout, et avec la chute de Sauron, beaucoup continue à pratiquer d'anciens rites en secret. Il ne fait nul doutes, qu'ils vous soutiendront lors de votre retour. De plus, comme vous l'aviez anticipé, les enfants de l'Empereur sont incapables de s'accorder entre eux, ce qui pourrait nous être profitable à l'avenir. Isildur n'a jamais été aussi isolé que dernièrement.  Quels sont vos nouveaux ordres, mon Maître ? Et comment devons-nous réagir quand à la présence de ces nouveaux envoyés des Valar ? C'est une menace que nous ne pouvons pas ignorer, selon moi.»
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MessageSujet: Re: [Event] L'Ombre de Morgoth   Ven 30 Déc - 3:59

Toujours emporté dans sa vision nocturne, qu’il observait du point de vue de l’ombre, Isildur se sentit tressaillir de joie, cette joie morbide qui se nourrit de la destruction d’autrui. C’était la jouissance suprême de la vengeance. La vengeance approchait. La fumée ténébreuse qui était la projection de l’esprit de Morgoth rougit soudain d’une flamme subite : Isildur sentit ses entrailles brûler de l’intérieur. Il se sentit tomber dans le vide, et ce faisant, il criait ces derniers mots, sans doute au vieillard encapuchonné :
« - Utumno… je t’ordonne… Velrog… il est temps… »

Lorsqu’Isildur se réveilla en sursaut. Le visage inquiet d’Altariel était penché au-dessus de lui, une chandelle à la main. Isildur l’attrapa frénétiquement et la jetta au loin, celle-ci s’éteignant en plein vol. Son visage était crispé, paniqué. Il se calma lentement en effleurant du bout des doigts le doux visage de l’impératrice. Il lui fallut longtemps avant qu’il ne puisse souffler quelques mots. Isildur se leva, fouillant dans les papiers sur son bureau, faisant tomber des livres pour en tirer un, puis le jeter. Il se mit à professer des noms et des histoires mythologiques.
« - Dagor Bragollach. C’est ce qui nous attend, je l’ai vu. Jadis les portes d’Angband s’ouvrirent pour déverser un flot de monstres qui embrasa la grande plaine. Des ténèbres un feu sombre a jailli. De l’obscurantisme, du néant de civilisation à l’Est, va venir une armée qui embrasera l’Empire. Tout est perdu… Non tout n’est pas perdu, j’ai le devoir d’agir. »
Isildur resta un instant silencieux, pensif, les yeux exhorbités. Altariel s’approcha doucement de lui, posant sa tête sur son épaule gauche, lui caressant la droite. Elle était toujours aussi inquiète. Elle ne comprenait pas ce qui se passait.
« - L’un est vieux et chétif, il est l’ombre. L’autre est jeune et beau, il est la lumière. Celui-ci prime sur l’autre, mais celui-là a encore un rôle à jouer. Je dois savoir qui ils sont. »
Isildur enfila une robe de chambre, et sortit de ses appartements. L’Empereur disparut dans la nuit.
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MessageSujet: Re: [Event] L'Ombre de Morgoth   Ven 30 Déc - 4:01

Fin de l'event
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MessageSujet: Re: [Event] L'Ombre de Morgoth   

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[Event] L'Ombre de Morgoth
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