Le Seigneur des Anneaux RPG : Mille Ans Après
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Nous recherchons ardemment un Tuor Eladar, envoyé des Valar !
Rumeur : le Patriarche du Culte du Soleil, dans la Cité Sacrée d'Akkar en Lointain Rhùn aurait été corrompu par les suppôts de Morgoth. Cela pourrait mettre fin à des siècles de conflits religieux en Rhùn, et pourrait permettre aux Orientaux de s'unir contre l'Empire.
Les Envoyés des Valar, Gandalf, Tuor et Fingolfin viennent de débarquer à Osgiliath.
Parmi les chevaliers et les aventuriers de toute sorte, une rumeur circule : l'Intendant Aranir d'Ithilien aurait réuni des fonds pour organiser un tournoi spectaculaire commençant au solstice d'été !
Les Northmen viendraient de briser leur isolement, concluant un pacte d'alliance avec Durïn VII.
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Les pillards nomades sévissent de plus belle en ce printemps ! Le Roi du Gondor Aglahad II de Dol Amroth a promis de prendre des mesures drastiques.
"Trinquons nos verres et vidons la bouteille / Et laissons là les plaisirs de l'amour / Et laissons là tous ces cœurs infidèles / Qui ne veulent pas nous donner leur secours / C'est aujourd'hui que l'amour m'abandonne / Que ma maîtresse m'a refusé son coeur / Battez tambours, battez la générale !" - Le célébrissime barde Meregold Sirith poursuit sa tournée dans toutes les tavernes de l'Empire ! Ne le manquez surtout pas !

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 [Event] L'Ombre de Morgoth

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MessageSujet: [Event] L'Ombre de Morgoth   Lun 20 Juin - 0:39

Chapitre 1 : Les Envoyés des Valar

Le soleil se levait au pays d’Aman. Les premiers rayons semblaient découper les crètes des Pelori, les montagnes protégeant le Pays des Dieux : trois épées de cuivre étaient apparues, puis trois de cuivre et trois de bronze, puis six de bronze et enfin douze épées d’or brillaient maintenant au dessus des crètes montagneuses, et une lumière éclatante baigna les plaines de Valinor. Mais parmi les épées d’or que l’on voyait dans le ciel maintenant, l’une d’entre elles était comme émoussée, grisâtre, teintée de ténèbres et de tristesse. La corruption n’était pas encore entrée au pays des Dieux mais elle pénétrait déjà dans son ciel. Car Melkor avait séduit Arien, la déesse qui transportait le soleil doré sur son char. Les sept clés qui permettaient d’ouvrir les Portes de la Nuit avaient été dérobées par un voleur mystérieux.
La cage de Morgoth était ouverte. Il ne s’était pas encore débarassé de ses chaînes, mais le murmure de la terre et de l’air rapportait déjà aux Valar qu’il était parvenu à faire pénétrer une partie de sa malice dans le monde.

Ce matin là Gwaihir survola les toits dorés de Valmar, et ses grandes ailes couvrirent d’ombre la place au sol recouvert d’argent qui faisait face à la demeure des Valar, une vaste rotonde aux piliers gigantesques, ouverte sur l’extérieur. Des trônes de grande taille étaient disposés en demi-cercles pour les Aratar, les Rois des Dieux, et les Valar qui avaient un rang moindre avaient leur siège juste devant. Dans cette salle immense, montant sur la colline, les Maiar et les Elfes s’étaient pressés, car on avait fait sonner les cloches dans la ville pour l’arrivée du messager de Manwë. Gwaihir plongea et passa entre deux piliers, puis se posa sur dans le vaste espace qui était demeuré vide, sur le sol poli et serti de gemmes. L’Aigle géant leva le bec vers Manwë et frappa fièrement le sol de ses serres puissantes. Ainsi saluait-il le Roi des Dieux.
« Salut, Manwë Sulimo, Père des Cieux et Père des Aigles ! Je m’incline devant ta brillance. »
L’aigle courba la tête puis la releva lentement. Manwë au regard bienveillant tenait dans sa main droite celle d’Elbereth, la Dame Etoilée. Il abaissa doucement sa main gauche en dévoilant sa paume à Gwaihir ; l’aigle s’agita, fit quelques pas, et parla enfin d’une voix grave.
« Vous m’avez envoyé pour que je prenne des nouvelles des Terres du Milieu. Les esprits grands et moindres que vous envoyé pour trouver le voleur de clé sont rentrés bredouille. Cependant voilà un an que la Soleil s’est ternie et que l’on dit que l’une des clés que l’on vous a dérobé a été utilisée pour permettre à Melkor de faire entrer sa malice dans notre monde.
Je n’ai pas de bonnes nouvelles à vous apporter, sinon que le calme avant la tempête est en train de s’estomper. Nulle nouvelle ne m’est parvenue de l’apparition de Melkor ou même d’un de ses lieutenants, mais l’atmosphère au-delà des Pelorì n’est pas pure.
Mes recherches auraient pu se révéler infructueuses si je n’avais pas rencontré Aiwendil, que les hommes de là-bas nomment Radagast le Brun. Celui qui fut jadis votre suivant, Yavanna, n’est pas un magicien facile à trouver ; aussi l’ai-je rencontré par hasard aux abords de la mer de Rhùn, emmitoufflé dans un manteau, les yeux hagards et l’expression terrifiée. Il m’apprit qu’il avait quitté la Lorien en mars de la même année, après qu’il s’est réveillé en sursaut, sentant une ombre lui couvrir le cœur. Celle-ci était passée rapidement, mais le magicien eût une intuition qui lui pressait urgemment de faire route vers l’Est, et de délaisser pour un temps ses forêts, ses eaux et ses bêtes.
‘’- De terribles choses, de terribles choses sont à l’œuvre mon ami’’, me disait-il. ‘’Toi aussi, as-tu senti le réveil de Melkor ?’’
Je lui répondis que les Valar m’avait envoyé avec d’autres afin d’enquêter à ce sujet en Terre du Milieu, et je lui exposais ce que je savais à propos des clés. Il prit un air sombre, tel que je ne lui avais jamais connu, et il resta longuement silencieux, en expirant par moments la fumée de sa pipe, sans que je pus tirer quelque chose de lui.
‘’- Gwaihir mon ami, j’ai appris des choses terribles, des choses qui ne peuvent être que son forfait. Je crains que Melkor ne soit parvenu à corrompre le cœur des Hommes : la bienveillance d’Aragorn n’est plus, et les fils de l’Empereur ne recherchent que la richesse et la puissance.  Ils ne savent pas ce qui les attend, ils ne savent pas qu’à l’Est s’amasse une armée telle qu’on n’en a jamais connue, ils ne savent pas… Ils répondent tous à des appels haineux. Cependant, les petites gens craignent celui qui se fait appeler l'Ombre de Morgoth, et tous rappliquent vers le Patriarche d'Akkar, dont la volonté de puissance n'a pas de limites. Je sens une main manipuler les hommes, et les unir par la haine, comme Sauron l'avait jadis fait. Cette menace terrible a déjà tissé ses rêts dans tous les royaumes des hommes. Oh les pauvres petites gens ne savent pas, les petites gens que vont-elles faire ? Et les forêts, tant de forêts brûlés pour alimenter le feu de la guerre… Les forêts ! Le feu ! Les forêts !’’
Le regard d’Aiwendil était comme fou, et son visage fut agité de spasmes convulsifs, et je ne pus rien savoir de plus. »

L’assemblée des Ainur et des Vanyar était silencieuse. L’Aigle s’envola, planant au-dessus des têtes de la foule, et lançant un ultime appel avec de quitter la rotonde : « Prends garde, Manwë, prends garde à l’ombre de Morgoth qui plane sur le monde. »

L’Assemblée demeura un moment silencieuse, puis les Valar murmurèrent longuement. Puis Yavanna, dont la chevelure dorée comme le blé au grand soleil, et à la robe sertie de fleur, prit la parole. Son trône n’était autre qu’un arbre, aux fleurs d’or et d’argent, qui avait poussé là de telle manière qu’elle pouvait s’y asseoir.
« - Ce sont là de graves nouvelles. Si même Aiwendil, mon serviteur qui s’est depuis longtemps perdu, s’est trouvé alerté par le mal c’est que l’heure est grave. Les forêts frémissent déjà, un bruissement sinistre les traverse : le souffle glaçant de Melkor traverse déjà les terres qui ne sont pas protégées par notre grâce. Le destin d’Arda est nôtre, et Valinor est en danger. Que ferons-nous pour nous défendre ?
- Mes forges doivent de nouveau souffler,
dit le sage Aulë d’une voix profonde et enflammée, et j’extrairai le sang de la montagne afin qu’il jaillisse brûlant pour donner vie à la lame du guerrier. J’armerai nos héros d’un bouclier forgé par un dieu, et lances, arcs et épées seront prêts à être fièrement manié par nos légions. Morgoth n’entrera pas impunément en Valinor, et nous devons garder nos frontières ainsi que nous gardons les frontières du monde. Car en définitive, c’est de nous qu’il veut se venger, et c’est notre forteresse qu’il veut anéantir. Laissons-le venir, et nous l’anéantirons. Morgoth n’est pas de poids face à la vaillance d’Oromë et de Tulkas. »
Les deux Valar approuvèrent. Irmo, celui qui parcoure les songes, prit la parole.
« - De noirs cauchemars ont hanté le cœur des hommes. Les Orientaux sont poussés par la crainte, et je ne sais quel terrible mensonge les a poussés à suivre leur sombre but. Mais la guerre entre les Hommes n’est pas de notre responsabilité. Nous ne pouvons intervenir.

- Cette Ombre de Morgoth n’est-elle pas simplement un homme qui prêche que Melkor est un sauveur et qu’il permettra de mettre à bas l’Empereur ? Il me semble peu probable que Morgoth ait acquis suffisamment de puissance pour asservir les esprits d’autant d’hommes. Seul un orateur talentueux, peut-être aidé de magie, a pu les fédérer, »
affirma Varda, la dame à la chevelure noire comme la nuit, dans laquelle se trouvaient des étoiles. Manwë soupira, baissa la tête puis la releva. Plein de sagesse et de lassitude, il s’était le plus investi dans les Terres du Milieu depuis la chute de Morgoth, et de par ses messagers Olorin et Gwaihir il en connaissait les moindres détails.
« - Nous ne pouvons intervenir directement. La puissance des Hommes s’est foncièrement accrue, et il n’est du ressort ni des Valar ni de leurs troupes de s’interposer dans cette guerre. Combien d’autres guerres se sont déjà déroulées entre eux ? Le monde leur appartient, ainsi que les conséquences de leur choix. Ils choisiront la paix ou la guerre. Valinor doit garder ses forces au cas où Melkor nous envahirait. Mais avant de décider, entendons Mandos, car seul son esprit a le pouvoir d’aller au-delà des frontières de ce monde et au-delà du temps présent.
- Cela est juste, Manwë. J’ai vu dans le vide perpétuel, là où il n’y a ni lumière ni ténèbres, sans matière et sans couleur, et où seules les échos de notre chant résonnent encore. Là bas nous ne voyons que le monde, point brillant dans le grand rien. Morgoth s'y trouve toujours. Mais ma vision ne m'a pas permis de voir au delà du présent, car le futur est trop trouble pour que je puisse y discerner quelque chose. Tout se passe comme si nous étions aux limites du Destin, comme si le monde touchait à sa fin. Je crains que la Dagor Dagorath n'approche. »

Alors les Ainur se turent, et il y eu un long silence.


A ce moment là un Elfe fendit la foule, le regard plein de flammes, les cheveux noirs comme la cendre et le front réhaussé de lumières, tandis que sur sa poitrine étaient brodées mille gemmes. C’était Fingolfin, revenu des cavernes de Mandos il y avait déjà de nombreux millénaires, et auquel son père avait laissé le titre de Haut-Roi des Noldor.
« - Seigneur Manwë, et vous Aratar ! Je vous prie de bien vouloir écouter le Chef de l’Ost Elfique.
- Parle Fingolfin, parle ! », murmura-t-on dans la foule. Fingolfin se tourna vers les Elfes.
« - Fils de Valinor ! N’avons-nous pas combattu Melkor aux grandes guerres du temps jadis, et ne l’avons-nous pas déjà vaincu ? Vous me direz oui. Vous me direz que nous l’avons déjà vaincu, et que nous n’avons rien à craindre, car vous avez parmi vous Fingolfin qui lui infligea quinze coups douloureux, Tulkas et Eonwë qui le vainquirent dans leur lutte, et les lances brillantes des Vanyar, les épées belliqueuses des Noldor et l’arc chantonnant des Teleri !
- Où veux-tu en venir, grand Roi ? »
, lui lança un seigneur parmi les Teleri.
« - Vous pensez que Valinor n’a pour devoir que de se protéger elle-même. Depuis sept mille ans déjà, nous nous sommes tus et sommes demeurés silencieux devant les travers des Terres du Milieu. Alors que nous aurions pu prendre les armes et vaincre le dernier lieutenant de Melkor, nous avons préféré laisser les Hommes affronter leur destin. Vous avez préféré maintenir Fëanor en otage en Mandos, afin que la paix des Dieux soit maintenue. Peut-être avez-vous eu raison. Les Terres du Milieu ont dû apprendre à se rendre maîtresses de leur propre destin. L’Âge des Hommes est advenu. Les peuples d’Outremer ont forgé de leurs propres mains un nouveau monde, ils ont conquis et mérité leur liberté. Dans cette entreprise la main de Manwë les a seulement guidés, en demeurant inaperçue, par l’action de ses hérauts, le sage Olorìn et le puissant Gwaihir. »
Il y eut des murmures d’approbations. De fait en Valinor le sentiment qu’il n’appartenait pas aux Elfes et aux Dieux de se mêler des affaires de la Terre du Milieu était profondément ancré. Ils avaient jugé leur âge révolu, et leur présence s’était retranchée dans les légendes que racontaient les hommes entre eux.
« - Cependant mon cœur est rempli de craintes, car l’ombre de Morgoth plane sur tous nos cœurs. Craignons la Dagor Dagorath, telle que l’a prophétisée Mandos. Car si la prophétie dit vrai, Melkor reviendra pour engloutir le monde, et peu nombreux seront ceux qui pourront s’opposer à lui. Les temps qui approchent sont inédits : jamais nous n’avons eu à craindre tant pour la survie de tout ce qui nous est cher.
C’est pourquoi je vous demande de bien vouloir considérer d’intervenir, maintenant, et avant qu’il ne soit trop tard. Trop longtemps nous sommes restés dans l’inaction ! Trop longtemps avons laissé le mal pénétrer doucement le cœur des Enfants d’Iluvatar et des Maiar en n’agissant que trop tard. Désormais l’enjeu est trop grand pour que nous laissions le monde une fois de plus ravagé par Melkor. Elfes ! Melkor a massacré notre peuple. Et voilà Tuor témoin immortel de son peuple, et qui n’est pas insensible à la souffrance des Hommes. N’écouterez vous donc pas les alertes des Istari, peuple de Valinor ? »


Après le discours de Fingolfin, les Valar avaient levé la séance. Les Aratar avaient discuté entre eux, longuement, tandis qu'un murmure parcourait la ville de Valmar. Une fois n'est pas coutume, la demeure des Elfes et des Valar était troublée.

Alors que le Soleil se couchait et traversait la porte de la Nuit, comme chaque soir, une musique pure et mélodieuse fit vibrer l'air, une musique telle qu'on n'en avait jamais entendu d'aussi belle en ce monde. Elle arracha des larmes aux Valar, larmes qui coulèrent sur leurs joues, ceux-ci s'inclinèrent tous, car ils avaient reconnu la parole d'Eru, leur Créateur, et le Créateur de toute chose.
Il n'est pas possible de retranscrire sa parole, mais voici la substance de ce qu'il leur dit : la trahison d'Arien et la libération de Morgoth hors de ses chaînes venait de sceller le destin du monde. La fin du monde était proche, et la Dagor Dagorath allait advenir au cours de cette génération. Il n'était pas possible de l'arrêter. Les Valar ne devaient pas tenter d'arrêter Morgoth, car ils n'en avaient pas le pouvoir : ayant puisé sa puissance dans le soleil, il avait le pouvoir de les vaincre tous un par un. C'était l'heure du jugement pour les Enfants d'Iluvatar, eux-seuls seront capable de sortir le monde, leur monde, du chaos. Pour les aider les Huits clés des chaînes de Morgoth, forgée d'un pur métal, conçu pour triompher du mal, devraient être confiées aux Enfants d'Iluvatar. Avec celles-ci, ils auraient une chance de vaincre.
Et la musique se dissipa dans l'air, et les derniers rayons du soleil disparurent à l'Ouest...
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MessageSujet: Re: [Event] L'Ombre de Morgoth   Jeu 23 Juin - 16:18

Quelques jours plus tard, les choses avaient été décidés à Valinor. Si le destin d'Arda était entre les mains des enfants d'Iluvatar, au moins les Valar enverraient-ils des émissaires pour guider les Hommes vers la bonne voie. Ils étaient trois à partir, qui avaient tous vécus un temps en Terre du Milieu, et ne souhaitaient pas la voir sombrer dans les ténèbres. Chacun était un représentant d'une race différente : d'abord était Olorin le Maia, connu sous les noms de Gandalf et Mithrandir en Terre du Milieu, qui était autrefois l'un des 5 Istari ; ensuite venait Nolofinwë, plus connu sous le nom de Fingolfin, seigneur parmi les Elfes ; enfin suivait le seul membre de son espèce en Valinor, Tuor le Béni, ancêtre de l'actuel Empereur des Terres du Milieu, comme les actuels dirigeants des Hommes de l'Ouest se faisaient nommer.
Ils embarquèrent à bord de l'un des magnifique vaisseaux des Teleri, accompagnés d'une garde d'honneur de soldats Noldor équipés des meilleures armures d'Aman. Les émissaires eux-mêmes étaient vêtus et armés de leurs plus beaux atours : la légendaire Glamdring pendait au flanc du Maia Olorin, qui s'était revêtu de la cape blanche qu'il portait lors de ses dernières années passées en Terre du Milieu ; Tuor avait revêtu une armure elfique semblable à celle qu'Ulmo lui avait offerte bien des millénaires auparavant, ainsi qu'une copie conforme de la grande hache Dramborleg, l'originale ayant été perdue lorsque Numénor sombra sous les eaux ; pour Fingolfin, une superbe armure de plaque et un fauchon elfique.
Le vaisseau prit les voiles vers l'Est, et fut guidé hors des terres protégées de Valinor par les courants créés par Ulmo, maître des océans. Ainsi poussés, il ne leur fallut guère que quelques semaines pour quitter les eaux protégées et pénétrer dans les eaux de la Terre du Milieu.
Ils débarquèrent à Pelargir le 20 Avril de l'an 1000 du Quatrième Age. Ceux qui étaient présents sur les quais purent voir une magnifique nef couleur nacre s'approcher du port. Avant de pouvoir y rentrer, elle se fit intercepter par un navire de la flotte impérial, et c'est Fingolfin qui se présenta à l'officier : il expliqua que lui et ses compagnons avaient fait un long voyage depuis les terres de l'Ouest pour se rendre en Terre du Milieu, et qu'ils souhaitaient rencontrer leur Empereur. En des circonstances normales, l'officier aurait rit au nez de ces personnes, mais le charisme, la majesté qui émanait des trois leaders de la nef l'avaient tétanisé, et il avait escorter le vaisseau jusqu'aux quais.
Là débarquèrent Fingolfin, Tuor et Olorin, chacun suivi de 30 Noldors arborant leurs couleurs, pour un total de 90 guerriers d'élites Noldor. Une aura de présence et de puissance semblait émaner de chacun d'eux pour les hommes qui les voyaient, si bien que nombre d'entre eux se sentirent obliger de s'incliner sur leur passage. Après de courtes discussions avec les officiers de la ville, une escorte fut dépêchée afin de mener la troupe jusqu'à Osgiliath.
Il semblait que la nouvelle de la venue d'émissaires venus de l'Ouest s'était vite propagée, car à leur arrivée à la capitale, on leur annonça qu'ils étaient attendus par l'Empereur et l'Intendant. La garde Noldor fut invitée à se reposer dans les mess de la garnison, tandis qu'on emmenait les trois représentants des Valar à l'intérieur du palais. Si les Hommes avaient espéré décontenancer les trois personnes en les séparant de leurs soldats, ils furent vite déçus : ils marchaient d'un pas sûr, et il émanait d'eux une confiance sans pareil : ils n'étaient pas le moins du monde en danger dans cette situation.
A leur arrivée, seuls deux soldats demeurèrent au niveau de la porte, les autres demeurant à l'extérieur. Face aux émissaires des Valar, ne se tenait qu'un seul homme, contrairement aux deux qu'ils s'attendaient à rencontrer : un homme dans la force de l'âge, habillé chichement, assis sur un second trône, en contrebas du trône impérial : il était très probablement l'Intendant de l'Empire. Les trois messagers s'avancèrent jusqu'à être à une dizaine de mètres, puis s'arrêtèrent et s'inclinèrent respectueusement d'un même geste. Se redressant, Fingolfin prie la parole :


-Je vous salue, Intendant. Je suis Fingolfin, Haut-Roi des Noldor. A ma gauche se trouve Tuor le Béni, et à ma droite est Olorïn le Maia, que vous connaissez également sous le nom de Gandalf. Nous sommes venus des terres de l'Ouest, de Valinor, porteurs d'un message de nos maîtres les Valar.
Il y a bien des millénaires, alors que la race des Hommes naissaient à peine, le traître Morgoth fut la cause d'un grand chaos en ce monde. Il fut vaincu, et enfermé, mais il laissa une trace inaltérable de son passage, et certains, au cœur mauvais, continuèrent de le vénérer. Une prophétie nous a été délivrée : bientôt, Morgoth se libérera, et le Mal pourrait bel et bien se déverser à nouveau en Terre du Milieu, voir dans tout Arda. Nous venons en ce jour, afin de vous informer, vous guider, et vous aider à vous préparer à cette menace, si vous voulez bien écouter nos avertissements.


Ainsi Fingolfin avait parlé, d'une voix haute et claire, et d'un ton qui ne laissait pas de place au doutes : il croyait en ce qu'il disait, et ne pas prendre garde à cet avertissement serait une erreur fatale.
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MessageSujet: Re: [Event] L'Ombre de Morgoth   Jeu 23 Juin - 17:34

Le début de l'année 1000 du Quatrième Âge de la terre du milieu avait été riche en rebondissement pour l'Empire. En effet, il était plus que jamais menacés à ses frontières par ses ennemis et par ceux qui jalousaient sa grandeur et sa richesse. L'on soupçonnait le grand patriarche du culte du Soleil d'avoir été corrompu par les cultistes de Morgoth et par conséquent, que tout l'orient menaçait de tomber sous la coupe des plus virulents opposants des dùnedains, si jamais les peuples orientaux venaient à s'unifier et à menacer les frontières orientales, la guerre qui en découlerait serait plus meurtrière que jamais et des dizaine de milliers d'hommes tomberont de part et d'autres. Mais l'orient n'était pas la seule menace, les rumeurs parlaient d'un rapprochement entre les déchus northmens et les Nains de Durin VII, ce dernier, jaloux de la puissance de l'Empire se serait rapproché de ceux à qui les dùnedains avaient pris le royaume. Face à cette situation extrême, l'Empereur avait pris décision de convoquer la diète impériale et les plus grands seigneurs de la terre du milieu se retrouveraient réunis, l'espace de quelques semaines, dans la glorieuse cité d'Osgiliath où ils décideraient de l'avenir de la plus grande organisation politique ayant jamais régné en ces terres.

Aranir, l'Intendant de l'Empire avait tenté de dissuader l'Empereur d'effectuer une telle manœuvre et de s'en tenir à des réunions plus discrètes mais c'était sans compter sur la détermination de son mentor. Il craignait en effet que la nouvelle d'une diète impériale puisse montrer aux ennemis de l'Empire la crainte qu'ils évoquaient à ce dernier. Pourtant, en cette fin du mois d'Avril, l'Intendant n'était pas préoccupé par les menaces des frontières orientales ou de l'alliance de deux puissances régionales du Rhovanion, non, aujourd'hui allait se produire un événement mémorable, un événement que le peuple des hommes n'avaient jamais connu. Trois émissaires des Valars, ces êtres d'une grande puissance et pour autant, extrêmement discrets avaient décidés d'envoyer trois de leurs représentants dont la nouvelle de leur arrivée à Pelargir avait vite fait le tour de l'Empire, il ne fallut guère longtemps à l'Intendant, grand intellectuel pour retrouver les traces de ces personnages légendaires dans ces livres, tant de légendes à leur sujet, toutes plus surprenantes les unes que les autres. Depuis cette nouvelle, les impériaux se préparaient à accueillir l'audience qui serait faite à leur Empereur, mais ce dernier, méfiant en les intentions de ses visiteurs avaient décidés de confier la tenue de cette dernière à son intendant, Aranir serait donc seul pour accueillir les émissaires si l'on excepté la riche cour impériale qui se tiendrait à l'écart, depuis diverses galeries et mezzanines, laissant ainsi le cœur de la salle libre pour les discussions.

Ce fut le vingt sept avril que les émissaires arrivèrent à la cité des étoiles après quelques jours de marche à cheval sous une forte garde impériale afin d'éviter tout incident. Dès leur arrivée, ils furent accueillis par divers officiers mandatés par l'Intendant et leur garde, jugée trop importante pour un passage en ville fut envoyée dans diverses casemates aménagées pour l'occasion tandis qu'eux même et deux elfes de leur choix purent se mettre en route en direction du palais impérial. Ce dernier, la plus grande structure jamais construite par les hommes ne pouvait que montrer la grandeur de son détenteur sur cette terre et son pouvoir. Aranir avait décidé de les attendre à l'intérieur de la salle du trône, dont il avait fait évacuer le cœur dès la nouvelle de leur arrivée. Lors de leur entrée, il se tenait là, fièrement sur le trône secondaire affilié à sa fonction tandis qu'il tenait un verre de vin dans sa main droite, il les regarda s'avançait et fut surpris par l'aura qu'ils dégageaient, une puissance malsaine émanait d'eux. Ils s'arrêtèrent à une dizaine de mètres du trône et s'inclinèrent devant l'Intendant, ce dernier les observait sans réaction, il ne savait comment réagir face à ces personnages légendaires, quel homme pouvait se vanter de les avoir un jour rencontré ? Mais les murmures qui s'élevaient depuis les galeries de la cour ramenèrent le prince d'Ithilien à la réalité, il trempa ses lèvres dans son verre avant de leur répondre d'une voix forte :

« Vous voici donc devant moi, l'Intendant de l'Empire, le Prince d'Ithilien et du Harondor, le Seigneur-Protecteur du Calendor qui vous reçoit au sein du Turiondelen, le palais de Sa Majesté, l'Empereur qui règne sur toute la terre du milieu. Les Noldor veulent donc nous aider et nous guider dans ces heures sombres ? Mais où étaient les Noldor lorsque nos ancêtres combattirent Sauron ? Où étaient les Noldor lorsque notre sang abreuva l'Anduin ? Où étaient les Noldor lorsque les serviteurs de Morgoth mettaient à feu et à sang nos villages, nos villes et nos châteaux ? »

Un silence lourd pesa sur la salle tandis que quelques ricanements et de nouveaux chuchotements se firent entendre dans la salle. Buvant une nouvelle gorgée, l'intendant attendit la réponse de ses visiteurs.
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MessageSujet: Re: [Event] L'Ombre de Morgoth   Ven 24 Juin - 13:43

La surprise et la stupeur furent brièvement visible sur le visage de Fingolfin lorsque l'homme lui répondit. Si c'était une blague, elle était de mauvais goût... Et à entendre les ricanements émanant des coursives au dessus de leurs têtes, c'était moins une aimable plaisanterie qu'une véritable moquerie à l'encontre du Haut-Roi des Noldor. Il allait répondre, mais un geste près de lui l'arrêta : Olorïn venait de faire un pas en avant, et frappa le sol de son bâton, interrompant les discussions dans les galeries. Dirigeant un regard froid vers l'Intendant, il parla d'une voix puissante, y ajoutant la force qu'était celle d'un Maia :

-Moi, j'étais là, Intendant, et bien que vous semblez parler en connaissance de cause, je ne vous y ai pas vu. En leur temps, les Noldor ont affronté des batailles dont vous n'imaginez pas l'ampleur. Votre Empire, tel qu'il est actuellement, ne tiendrait pas un mois face aux forces qu'ils ont affronté durant près de 500 ans, lors du Premier Age. Ne parlez pas avec autant d'arrogance et de condescendances, face à un être qui a affronté la mort en face, et a été jusqu'à blesser Morgoth lui-même, quand tous le pensaient intouchables.


Le regard de Gandalf s'était tourné vers Nolofinwë lors de cette dernière phrase, afin que tous ici comprennent de qui il parlait.

-Durant le Troisième Age, les habitants de la Terre du Milieu a dû affronter des maux qu'ils avaient eux-même semé par leur négligence et leur faiblesse. Et malgré tout, moi-même, et d'autres, avions été envoyé par les Valar afin de guider les gens de ce monde. La situation n'est pas différente aujourd'hui. Ce que nous vous demandons, c'est de prêter oreille à notre avertissement, de vous tenir prêt, et surtout, de rester unis, car la moindre dissension entre les peuples de la Terre du Milieu pourrait s'avérer fatale. En ce sens, nos trois personnes (il se désigna, lui et ses compagnons) apporterons tous le soutien qui sera en notre pouvoir.

Fingolfin hocha la tête face aux paroles du Maia, et fixa droit dans les yeux l'Intendant, qui aurait très certainement du mal à conserver un discours aussi revêche après ce que venait de dire l'émissaire. Cela était, si les Dunedains d'aujourd'hui n'étaient pas encore corrompus par l'arrogance et le pouvoir, étaient capables de raisonner calmement, et enfin étaient à même de prendre la mesure de la menace qui leur faisait face.
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MessageSujet: Re: [Event] L'Ombre de Morgoth   Sam 25 Juin - 12:43

Ainsi donc, de simples paroles avaient pu destabilisés un être qui se disait aussi puissant que cela, cela en était risible. Les Noldor se pensaient à ce point supérieur aux hommes qu'ils ne pensaient pas qu'un jour on puisse remettre en question leur prétendue supériorité. L'elfe n'eut pas le temps de répondre que l'un de ses compagnons, un vieil homme que l'Intendant identifia rapidement comme Gandalf en personne, le seul Istari a avoir jamais combattu pour les hommes, sans doute cette personne était-elle de confiance, tout du moins, plus que celui qu'il accompagné. Son bâton frappa le sol et le son de l'impact raisonna dans toute la salle, stoppant immédiatement les chuchotements qui s'élevait de la cour et il se mit à parler en faveur de son compagnon. Néanmoins, sa première phrase, d'une même arrogance dont il accusait l'Intendant, eut pour seule réponse :

« Et pourtant mes ancêtres combattirent et ma maison passa au bord de l'extinction mais ne pensez pas que l'Empire n'a rien affronté seul, des hordes plus nombreuses que toutes les légions de Sauron encore ! »

Ils parlaient de la libération de Morgoth, de cet être malfaisante dont les légendes parlent à foison, l'on disait qu'il était l'ancien maître de Sauron, plus terrible que lui encore et d'après les renseignements impériaux, son ombre s'étendait sans cesse à l'est et menacerait de faire entrer les orientaux dans des luttes intestines qui n'aboutiront que sur une chose : la main mise du culte noir sur tout l'orient et la grande invasion orientale pourrait bien se répéter, plus terrible encore. Aux dernières demandes du Maiar, l'Intendant acquiesça un signe de tête avant d'être fixé par l'elfe. Aranir avait entendu parlé des tendances homosexuelles de ces derniers mais penser qu'il tenterait ainsi de charmer l'Intendant, c'était irréaliste ! Secouant la tête pour se ressaisir, il répondit :

« Et vous furent le seul de ces envoyés qui défendirent les hommes, l'un d'entre vous s'allia à Sauron, l'autre s'isola et nous abandonna ! Mais vous, vous êtes restez et pour cela, nous vous devons beaucoup. Mais vous parlez des actes des hommes qui ont engendrés les destructions de Sauron mais comment Morgoth peut-il se libérer d'une prison forgée par les Valars eux-même ? De quelle ethnie peut bien être son libérateur ? »

Frapper, sans cesse, mettre en difficulté ces interlocuteurs, voilà le sens des questions de l'Intendant, car c'était dans ces situations que la vérité et les mots justes sortaient. Il n'avait pas vraiment d'aversion pour ces personnages et même une certaine admiration pour certains d'entre eux, mais il était Intendant de l'Empire et devant cette cour de cloportes, il devait rester stoique et ne pas laisser le doute envahir la salle.


Dernière édition par Aranir d'Ithilien le Dim 3 Juil - 23:59, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Event] L'Ombre de Morgoth   Dim 3 Juil - 18:16

Aux échecs, il devait y avoir un gagnant et un perdant. C’était tout simplement la nature de ce jeu. Le plus intelligent, le plus déterminé, le plus pragmatique était victorieux. Planifier une demi-douzaine de pas à l’avance, ne faire preuve d’aucun sentiment, être prêt à sacrifier quelques pièces précieuses pour la victoire ultime… voilà ce qui faisait d’un amateur le maître. Mais tout ceci était vrai sur le plan politique également. Intelligence, ruse, détermination, pragmatisme, stoïcisme, un esprit stratégique… tout cela était nécessaire pour survivre dans les hautes sphères de l’Empire. Ces qualités étaient primordiales si l’on souhaitait transformer les rêves en faits, les désirs en réalité. Mais au-dessus de tout cela siégeait le sang : le sang Dùnadan de la maison Telcontar. En définitive, c’est ça qui comptait.

Barahir prit son fou et le décala de trois cases. Des gouttes de sueur coulaient du front de son adversaire. Une erreur à ce stade lui serait fatale. Mais Barahir ne pouvait guère se permettre d’être culotté non plus. Il lui restait quatre pièces : un fou, un cavalier, un pion, ainsi que le roi, bien évidemment. Il n’avait besoin que d’un tour ou deux maintenant pour en terminer avec son adversaire. Ce dernier saisit son cavalier, le déplaça vers l’avant et déclara d’une voix frêle :


-E-échec…
-En effet,
répliqua Barahir. En effet…


Le roi se débarrassa rapidement du cavalier ennemi. Ce n’était plus qu’une question de temps, désormais. L’adversaire était coincé, son roi était sa dernière pièce, tandis que Barahir manœuvra délicatement pour en terminer avec lui en quelques tours supplémentaires.


-Echec et mat, mon cher Dalahad.
-Ah, Sire. Vous défaire aurait été un merveilleux exploit… y parviendrai-je un jour ?
-Peut-être bien, peut-être bien. Mais pas aujourd’hui. Venez donc boire un verre avec moi.
-De suite, Sire.



Barahir se leva de la petite table et ajusta sa cape rouge cramoisie. Il claqua des doigts et ses serviteurs se mirent à nettoyer les pièces et l’échiquier. Le roi s’approcha d’une autre table bien plus importante où du vin l’attendait. Il saisit un pichet et versa un verre à Dalahad lui-même, puis se servit également.

La salle de trône à Fornost était plutôt spacieuse, mais pas extrêmement vaste. La pièce entière était de marbre, excepté le plafond qui était de pierre polie. Au fond de la salle, d’immenses portes de bronze faisaient office d’entrée. En face, de l’autre côté, le trône royal d’Arnor avait été façonnée suite à la fondation de l’Empire. Quelques marches menaient au trône, un siège de marbre à l’image de l’ancien trône de Gondor à Minas Tirith où siégeaient jadis les descendants d’Anarion.

Barahir observa le jeune seigneur Dalahad d’un air calculateur. C’était là un jeune homme fort et loyal, et guère un idiot. Mais point un seigneur digne de ce nom, pas encore, et cela en dépit du fait que le roi le prit sous ses ailes il y a de cela bien des années. Son père, le bon seigneur Halbarad du Rhudaûr, jugea bon d’envoyer son héritier à Fornost lorsque Barahir fut couronné. Le vieil Halbarad s’éteignit il y a quelques mois, mais Dalahad n’était toujours pas prêt. Il n’était pas assez charismatique, il n’avait pas assez de force de volonté. Il se préoccupait trop de ce que l’on pensait de sa précieuse personne. Il se préoccupait trop des petits problèmes des petites gens. Il ne comprenait pas qu’il y avait plus. Mais peut-être était-ce mieux ainsi… Mieux vaut un chien loyal qu’un loup perfide.


-D’où provient ce vin si délicieux, Sire ?
-Mon beau-frère, le roi Aglahad du Gondor me le fait parvenir de Dol-Amroth. C’est là un breuvage bien spécial, savourez-le donc comme il se le doit.
-Votre Majesté,
s’écria un serviteur qui venait de pénétrer dans la salle du trône en haletant. Une lettre vient d’arriver d’Osgiliath même, Majesté !


Une lettre d’Osgiliath ? Etaient-ce de bonnes ou de mauvaises nouvelles ? Peu importe, il l’apprendrait promptement. Barahir tendit sa main et le serviteur lui remit la lettre. Il la lut rapidement. Ce n’était pas simplement une lettre, mais une convocation de la part de son père, l’Empereur Isildur lui-même.


-Tiens donc. N’est-ce pas intéressant ?
-Sire ?
demanda Dalahad d’un air peu sûr.
-L’Empereur nous somme de nous rendre à Osgiliath à l’instant. La Diète Impériale a été convoquée. Les grands seigneurs d’Arnor s’y rendront immédiatement, et moi également.
-La Diète Impériale ? Pourquoi donc ? Quelles sont les nouvelles du sud ?
-Selon l’Empereur, l’Orient est au bord du chaos. La menace plus grande que jamais. Mais j’en doute. Ou du moins, ce n’est là certainement pas l’unique motivation derrière cette diète… Je crains qu’il y ait plus. Le Rhùn ne regarde pas l’Arnor. Pourquoi convoquer tous les seigneurs ? C’est la tâche de mon cousin, le Seigneur-Protecteur du Calendor de se charger du Rhùn.
-Vous avez certainement raison, Sire.
-Oui… Certainement. Préparons-nous. Envoyez des messages aux princes et seigneurs d’Arnor. Qu’ils se mettent en route immédiatement vers Tharbad. De là, nous voyagerons ensemble jusqu’à Osgiliath.
-Tout de suite, votre Majesté,
dit le serviteur.
-Et préparez Melian également. Elle vient avec nous.
-Mais… Sire, la princesse…
-Il suffit ! C’est le souhait explicite de l’Empereur que la princesse vienne avec nous… Et nous ne voudrions guère décevoir l’Empereur, n’est-ce pas ?



***


Les derniers jours du mois d’avril de l’année 1000 du Quatrième Âge s’écoulaient lentement, lorsque les seigneurs d’Arnor aperçurent la Cité des Etoiles. La délégation du Royaume du Nord était plutôt grande : près de cinq cents hommes s’approchaient de la capitale impériale.


-Allons-y, s’écria Barahir.


Laissant la troupe derrière lui, le roi se mit à galoper vers Osgiliath en compagnie d’une dizaine de chevaliers Dùnedain – sa garde rapprochée. Il avait donné des instructions précises à ses serviteurs quant aux détails de l’arrivée, notamment en ce qui concernait la résidence de Melian. Il avait également envoyé un émissaire le matin pour annoncer leur arrivée, mais maintenant il voulait atteindre le palais avant le reste des seigneurs.

Pendant le court galop, Barahir eut un peu de temps pour méditer. Il n’avait pas vu son père depuis quelques temps. Ni Arwen, ni Aglahad, ni Aranir. Son isolement au nord était un avantage et un désavantage en même temps. Ça lui convenait, mais au long terme cela pourrait entraver ses plans. Par contre, en Arnor il avait l’occasion de se préparer calmement sans avoir à subir la pression de la cour impériale. Tapi dans l’ombre à Fornost, personne ne pouvait le gêner. Et bien qu’Annùminas fût proche, la cour impériale s’y déplaçait de moins en moins ces derniers temps.

Aux portes de la métropole, les gardes impériaux s’inclinèrent devant l’héritier de l’Empire. Barahir ignora le geste et entra dans la cité sans attente. Le grand boulevard qui reliait l’entrée occidentale avec le palais était assez large pour qu’ils puissent galoper sans se préoccuper des citoyens qui avaient sans doute été instruits de se mettre sur le côté. Barahir ne pouvait guère tolérer d’avoir des obstacles vivants sur le chemin. Il ne s’arrêta pas jusqu’aux portes du palais sur l’île centrale du fleuve Anduin.


-Que l’on m’amène devant mon père, l’Empereur Isildur ! ordonna-t-il tout en gravissant les marches qui menaient à l’intérieur du majestueux édifice.
-Mais Majesté, bégaya un serviteur, l’Empereur est en train de donner une audience à des…
-Il suffit ! L’Empereur me recevra immédiatement.
-Mais Sire, l’Empereur…



Barahir claqua des doigts. Un de ses chevaliers attrapa le serviteur par le cou et le jeta contre le mur du couloir. L’homme s’effondra, tel un sac de patates. Barahir n’avait pas le temps pour ces imbéciles. Il était l’héritier de l’Empire, il était un Telcontar, et ce n’étaient pas de pareils serviteurs qui l’empêcheraient de faire ce qu’il voulait. Il devrait rappeler à son père d’employer des servants plus impressionnants que cela, mais il y avait des choses plus importantes d’abord. En effet, il était arrivé aux portes de la salle du trône devant lesquelles une demi-douzaine de gardes impériaux se tenaient, tels des statues. Barahir les ignora et se dirigea vers la porte. Deux ou trois des gardes avaient l’air de vouloir intervenir, mais au final, ils décidèrent de laisser le roi d’Arnor passer. Celui-ci claqua la porte ouverte et pénétra dans la salle. L’Elendilmir brillait sur son front et sa cape rouge cramoisie flottait derrière lui dans l’air. Ses chevaliers se regroupèrent autour de lui.

C’était une image très unique qui l’attendait. L’Empereur Isildur ne siégeait pas sur son trône ; c’était l’Intendant Aranir qui présidait dans la pièce, apparemment. Une grimace se dessina sur le visage de Barahir lorsqu’il l’aperçu. Il n’avait jamais apprécié le bras droit de son père. L’Intendant pouvait être quelque peu désagréable, mais surtout très arrogant. Au quotidien, il cachait bien ses défauts derrière ses airs majestueux, mais Barahir avait eu la grande joie de découvrir quel genre d’homme il était vraiment.

Mais ce n’était pas l’Intendant qui rendait l’image unique, ni l’absence de l’Empereur. C’était les trois hommes qui se tenaient en face d’Aranir : un vieillard avec un bâton, un homme grand et fort, ainsi qu’un… elfe ? Etait-ce possible ? Le petit groupe était bien bizarre, et Barahir se demandait ce qu’ils faisaient à Osgiliath, et comment cela se faisait-il qu’ils étaient reçus par l’Intendant lui-même.


-Cousin ! Quelle est cette étrange compagnie en laquelle je dois te trouver ? Ne me dit pas que n’importe qui peut désormais pénétrer dans le palais impérial pour discuter du beau temps et de la récolte… Mais dis-moi, où est mon père, car je désire lui parler à l’instant même. Tu pourras ensuite continuer ta petite discussion avec ces… ces invités de choix…
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MessageSujet: Re: [Event] L'Ombre de Morgoth   Lun 4 Juil - 1:05

Plus la discussion progressait, et plus Olorïn se disait que cet homme, Aranir, méritait son titre d'Intendant : avec son côté retord, et la façon dont il essayait toujours de ramener les mots de ses interlocuteurs en sa faveur, il lui rappeler le dernier Intendant régnant, Denethor. Il ne voyait pas de mauvaises intentions en lui, mais il sentait tout de même qu'il serait difficile de convaincre ou de négocier avec un tel homme, ce qui pourrait s'avérer un problème à l'avenir.
Cela étant dit, il fallait admettre que les questions posées par l'Intendant étaient justes, et l'Istar y répondit donc le plus honnêtement possible :

-La faute en incombe, je le crains, à plus d'un. Les Valar, habitués à la paix qui règne en leur terre, ont manqué de vigilance, permettant à un Maia séduit par Morgoth de voler les clés des chaînes qui le maintenaient. Ce Maia n'aura réalisé que trop tard son erreur, mais suffisamment tôt pour nous permettre d'agir, d'où notre présence en ces lieux.

Fingolfin, aux côtés de Gandalf, réprima une grimace : il comprenait pourquoi le Maia avait donné une réponse aussi honnête, mais au vu des réactions précédentes, il craignait que cela n'engendre que moquerie de la part de cet Intendant. Ils n'eurent toutefois pas l'occasion d'avoir la réponse à cette question : un homme de haute stature, relativement jeune, qui portait au front un joyau que Gandalf reconnut rapidement comme étant l'Elendilmir originel, qui avait été perdu avec Isildur au début du 3° Age : ainsi Aragorn avait dû le retrouver à Orthanc. Penser à Aragorn en cette situation fit remarquer à l'Istar la ressemblance entre le Dunadan qu'il avait connu et l'homme qu'il avait sous les yeux : sans nul doute, il était l'un des princes de l'Empire, un Telcontar, et par conséquent... Et tandis que Barahir avançait vers l'Intendant,Gandalf fit signe à ses compagnons de s'écarter, et leur déclara à voix basse :

-L'homme que vous voyez-là est un Telcontar, un des héritiers d'Aragorn. Il est sûrement le prince héritier, car le joyau qu'il porte était l'un des symboles des Rois d'Arnor par le passé. Et de ce fait... Hé bien, je suppose qu'on peut dire qu'il est également votre descendant à tous les deux.

Était-ce le hasard, une conséquence de la magie portée par les trois individus, ou une réaction face aux mots prononcés par l'Istar ? Impossible de le dire au premier abord. Toujours était-il qu'à l'instant où Olorïn prononça cette dernière phrase, qui coïncidait avec le moment où le Prince héritier passait face à eux, l'Elendilmir se mit à briller puissamment, telle une flamme rouge dans le noir. La surprise pouvait se lire sur la majorité des visages humains : les seuls impassibles étaient les trois émissaires, qui avaient vu bien trop de magie pour laisser paraître leur surprise face à un tel phénomène. Le silence fut brisé à nouveau par Gandalf, qui décida de profiter de la situation :

-Il semblerait que l'Elendilmir n'ait pas perdu de ses pouvoirs au fil du temps. Je peux me tromper, mais il se peut que le joyau réagisse à la présence de mes compagnons : un tel joyau n'oublie pas aisément le sang de ceux qui l'ont créé, et Fingolfin et Tuor sont, après tout, les ancêtres des premiers seigneurs d'Andunië, qui portaient cette couronne du temps de Numenor.
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MessageSujet: Re: [Event] L'Ombre de Morgoth   Lun 4 Juil - 3:05

-…ces… ces invités de choix… murmura-t-il.


C’est alors que l’Elendilmir se mit soudainement à brûler sur son front. Non seulement voyait-il la couronne des rois d’Arnor briller d’une couleur écarlate dans le reflet des grandes fenêtres au fond de la salle du trône, mais il pouvait également sentir le mithril se chauffer sur sa peau. La panique envahissait Barahir. Il ne comprenait pas ce qui se passait, et pourquoi l’Elendilmir réagissait-elle ainsi. Cela faisait des siècles que les rois d’Arnor portaient la première, la réelle, l’originale Elendilmir retrouvée par Elessar à Orthanc après la Guerre de l’Anneau. Cependant, les chroniques de l’Empire ne mentionnent aucune occasion pareille. Oui, l’on disait que le joyau aurait brillé lors du Désastre des Champs aux Iris, mais depuis… Dite magique, Barahir n’eut guère la chance d’expérimenté les soi-disant pouvoirs de la couronne. Et tandis que toutes ces pensées défilaient dans son esprit, le vieillard vêtu de blanc déclara :


-Il semblerait que l'Elendilmir n'ait pas perdu de ses pouvoirs au fil du temps. Je peux me tromper, mais il se peut que le joyau réagisse à la présence de mes compagnons : un tel joyau n'oublie pas aisément le sang de ceux qui l'ont créé, et Fingolfin et Tuor sont, après tout, les ancêtres des premiers seigneurs d'Andunië, qui portaient cette couronne du temps de Numenor.


Fingolfin ? Tuor ? Ces noms résonnaient dans sa tête pendant quelques instants. Il connaissait ces noms. Les grandes légendes et histoires du Premier Âge racontaient leurs faits et exploits. Mais ils étaient morts… depuis des millénaires… comment était-ce possible ? Fingolfin fût tué par le Vala déchu, Morgoth Bauglír lui-même… et Tuor avait disparu dans l’Ouest… avait-il atteint les rives fabulées de Valinor ? Peu importe, tout cela était il y a bien trop longtemps pour qu’un simple homme puisse encore vivre. Non, il s’agissait là d’imposteurs, Barahir en était convaincu.

Ainsi, après une courte phase de panique et d’effroi, un sourire se dessina sur son visage. L’Elendilmir brillait encore, mais le précieux métal des Naugrims avait refroidi. Barahir s’avança donc d’un pas sûr vers le trône, entouré par ses chevaliers. Il s’arrêta en-dessous des escaliers qui menaient au trône impérial, juste à côté du siège de l’Intendant. Et après un signe de sa main, ses chevaliers formèrent une ligne entre les deux Dùnedain et ces trois étranges personnages. Barahir vit le choc que cela provoqua parmi les imposteurs. Ainsi, d’une voix forte à laquelle se mêla un grain d’arrogance, il déclara :


-L’Elendilmir appartient de manière légitime à la Maison Telcontar. Elle a fait preuve d’un nombre de mystérieux pouvoirs, et ces pouvoirs se manifestent ci-et-là, comme maintenant. Néanmoins, je doute que votre présence l’eut influencé d’une quelconque manière.


Les mensonges glissaient rapidement au-dehors de sa bouche. Qu’en avait-il à faire de l’opinion de ces gens, après tout ? Des menteurs, eux aussi. Avec un sourire narquois, Barahir continua :


-Je crains qu’il ne soit temps que vous retourniez chez vous. Mon père, le grand Empereur Isildur a convoqué la Diète Impériale. Vous pouvez donc voir que nous avons de nombreuses affaires dont nous devons discuter et résoudre. L’Empire n’a guère le temps de s’occuper de vos sottises. Je suppose que c’est bien pour cela que mon père n’a même pas jugé bon d’être présent pour cette petite… entrevue. Après tout, pourquoi avoir un intendant si ce n’est pas pour régler ces petites affaires gênantes du quotidien, n’est-ce pas mon bon Aranir ?


Une petite pique ne pouvait pas faire de mal. Son cousin l’irritait rien que par sa présence. Et bien qu’il était prêt à l’appuyer lorsqu’il en venait à ses intrus, la situation était tellement ridicule et grotesque qu’il ne pouvait pas s’en empêcher. Mais il était vraiment temps d’en finir avec ces imposteurs.


-Allons bon… Dis-moi, cher cousin, où donc est mon père, l’Empereur ? Il me tarde de lui parler enfin. Je sais parfaitement que tu as l’occasion de discuter avec lui chaque jour, mais au cas où tu aurais oublié, je ne puis profiter de ce luxe. Je souhaite me conférer avec lui le plus rapidement possible.
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Intendant ¤ Prince d'Ithilien
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MessageSujet: Re: [Event] L'Ombre de Morgoth   Lun 4 Juil - 15:17

Les envoyés des valars ne cherchaient pas à fuir leur responsabilité ou à accuser d'autres personnes de leurs maux, non, ils accusaient pleinement leurs erreurs et celles de leur maître. Aranir hocha la tête à leur réponse qui était marqué par l'honnêteté, il but une légère gorgée et se prépara à une courte réponse avant de mettre un terme à la séance, les lourdes portes du palais impérial s'ouvrirent un grand fracas, laissant entrer des hommes en arme au sein du palais, faisant bondir l'intendant de son trône mais ses yeux remarquèrent bien rapidement le leader de ces chevaliers, nul autre que le prince héritier en personne.

Un léger soupir sortit de la bouche du maître de l'administration impériale, s'il y avait bien une personne qu'il n'aurait pas souhaité à ce moment précis, c'était bien lui, le fou du nord, l'arrogant roi d'Arnor, le rejeté fils de l'Empereur et à raison. Le Roi d'Arnor n'avait pas manqué d'insulter son père en faisant entrer sa garde personelle au cœur du palais impérial avant de s'adresser à l'Intendant d'une façon familière, qui importait peu de toute façon au prince d'Ithilien mais déclencha surtout un léger incident avec les émissaires en les insultant copieusement, sans épargner bien entendu leur interlocuteur qui n'était pas assez stupide pour répondre directement à cette insulte. Barathir était tel un gamin arrogant, il voulait montrer qu'il était le plus fort à tous les spectateurs de la scène mais il aurait vite fait de retourner dans sa niche car ici, il n'était pas chez lui, il était au cœur du palais impérial, au sein du domaine de son père et où les paroles de l'Intendant faisait loi.

Aranir s'était rassis sur son siège, attendant que la tempête passe et le bon moment pour répliquer au prince héritier. Et ce moment fini par arriver lorsque ce dernier se rapprocha pour se trouver aux pieds des marches du trône impérial et du trône de l'intendant. Posant lentement son verre sur l'accoudoir de son siège, il se leva lentement alors que la salle était plongé dans le silence le plus total. Il descendit d'une marche et déclara :

« Votre Majesté, c'est un plaisir de vous voir à Osgiliath, cela faisait bien longtemps que la capitale impériale n'avait pas été honoré de votre présence. J'ai bien peur qu'il y ait méprise néanmoins, ces personnes sont les invités de Sa Majesté, l'Empereur en personne. Leur manquer de respect serait une insulte envers Isildur Telcontar, votre souverain. Mais puisque vous ignoriez tout de la situation, votre erreur est oublié par tous. »

L'Intendant descendit un peu plus et plongea son regard dans celui du prince héritier, dire qu'un jour, si Isildur venait à périr, ce serait à cet homme qu'il devrait obéir. Il reprit :

« De plus, je crains que la présence de vos chevaliers ne soit intolérable en ces lieux sacrés. Si vous craignez pour votre sécurité, sachez que la garde impériale toute entière est prête à donner sa vie pour protéger le prince héritier et le futur représentant de la lignée des Telcontar. Maintenir des hommes armés au cœur du palais impérial est une insulte à votre souverain. »

Il descendit une nouvelle marche pour se retrouver face à face avec son interlocuteur et lui indiqua un siège un peu plus loin, alloué au prince héritier et reprit pour conclure l'incident :

« Mes directives proviennent directement de Sa Majesté qui a explicitement demandé que les envoyés soient accueillis par son représentant, à savoir, l'Intendant. Il ne s'agit nullement d'un désintérêt pour ceux ci mais des affaires urgentes recquièrent l'attention de l'Empereur, il est donc naturel qu'il confie cet entretien à une personne de confiance. Néanmoins, j'allais lever la séance, je le mettrais au courant de votre arrivée et nul doute qu'il sera ravi de revoir son fils et de voir à quel point il fait honneur à sa lignée. »

Peu importe ce que répondrait Barahir, il n'en avait cure mais ce qui était sûr, c'est qu'il ne devait pas se sentir tout permis ici, au sein de la diète impériale, tout les vassaux de l'Empire seraient présents et il serait malheureux que le comportement du jeune prince héritier ne vienne soulever quelques querelles. L'Intendant passa à côté du prince héritier tandis que les chevaliers s'écartaient et s'adressa désormais aux envoyés des Valars :

« L'Empire des Terres du Milieu a pris bonne note de vos avertissements, des discussions annexes seront ouvertes avec l'Empereur à propos de ce dernier. En attendant, des quartiers vous ont été accordés. Je déclare la séance levée. »

Les cors impériaux sonnèrent pour mettre fin à la séance tandis que l'Intendant se rapprochait des envoyés des Valars pour les accompagner jusqu'à la sortie et surtout, pouvoir leur parler sans que quiconque puisse entendre :

« Veuillez pardonner ma dureté, je ne fais que remplir mon rôle. L'Empire est menacé et nous ne pouvons montrer le doute ou la peur à nos ennemis et à notre population. Quand à l'incident avec le prince héritier, je doute qu'il ne vous manque de respect à nouveau. Dites moi, vos avertissements sont-ils réels, le Noir Ennemi du Monde cherche vraiment à revenir en terre du milieu ? »
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MessageSujet: Re: [Event] L'Ombre de Morgoth   Lun 4 Juil - 17:33

Isildur Telcontar était nu, debout au milieu de sa chambre, et pourtant il avait toujours l’air d’un Empereur. Les épaules puissantes, le regard vif dressé au loin. Il venait de se lever, il était deux heures passées. Avec les commandants de l’Arbre Noir, il était resté debout jusqu’à l’heure du petit déjeuner pour concevoir une stratégie pour contrer les troubles dans le Sud. Les marchands avaient été de nouveaux attaqués par des nomades, et les rumeurs d’un prétendu héritier du Roi-Serpent étaient parvenues jusqu’à ses oreilles. Certainement un imposteur, ou des fadaises racontées par le bas peuple : mais si le peuple y prêtait crédit, c’était dangereux pour le règne de l’Empire au Sud, et surtout pour la paix. La paix : c’était ce qu’il souhaitait à tout prix défendre. C’était pour ce but ultime qu’il avait conservé dans l’Empire les pratiques jugées parfois douteuses de l’Arbre Noir. Assassinat, espionnage, répression ciblée. Cependant l’acharnement à maintenir la sûreté de l’Etat était la vertu politique par excellence. Bien que le prince devait faire preuve de vertus morales véritables, et pas seulement feintes, il devait aussi parfois se compromettre et noircir son âme pour faire ce qui était nécessaire. Les agents de l’Arbre Noir avaient été dépêchés au Sud pour une nouvelle opération : les dernières personnes qu’ils avaient envoyé en mission avaient tous disparu, sans exception. Certains murmuraient que les Hasharii étaient de retour. Il y avait de quoi faire trembler l’Empereur du haut de son divin trône, de sorte qu’il avait peu dormi, après avoir renvoyé son beau-fils Aglahad et Donthos Aldarion, dit la « Bête Noire », les derniers à être restés. L’Empereur retourna se plonger quelques instants encore dans ses draps, tissés dans la soie la plus douce et luxueuses des Terres du Milieu. Son serviteur entra pour lui chuchoter quelque chose à l’oreille.
« - Très bien, laissez l’Intendant s’en charger et envoyez quérir Aglahad. Il est temps que cette jeune génération prenne les choses en main. Oh, et Posca, dit à Azalcar d’être mes yeux, ma voix et mes oreilles. » Le vieil assistant s’inclina bien bas et sortit par la porte, à laquelle étaient postés deux gardes.

Isildur se retourna dans son lit et glissa ses mains le long du corps de sa douce femme, dont le parfum lui emplit les narines. Ses cheveux longs et noirs ondulaient sur sa poitrine, et elle se réveilla en descendant le drap blanc jusqu’à la moitié de son corps. Ses yeux gris contemplaient l’Empereur avec un sourire malicieux, et Isildur la saisit d’une étreinte farouche, et sa femme lâcha un petit cri, tandis qu’à l’extérieur, les deux gardes échangèrent un regard amusé, et s’éloignèrent de quelques pas.

Quelques temps plus tard, il tenait sa main en l’air, tandis qu’ils descendaient l’escalier qui menait à leurs appartements d’un pas impérial. La jeune impératrice Altàriel était une sublime beauté d’Umbar, d’une famille de longue ascendance Numénoréenne : il y a plus de mille ans, ses ancêtres servaient Sauron, mais depuis qu’Eldarion les avaient ramenés dans le giron du Royaume et les avait pardonnés, les Numénoréens Noirs s’étaient révélés des atouts précieux. A Umbar disait-on, battait encore le cœur de l’ancienne Numenor, et certains savoirs en termes d’architecture, de sciences, et de navigation avaient été préservés. Une nouvelle élite s’était formée sous Ciryandil Telcontar : et Isildur lui-même, passionné par les philosophes et les penseurs, avait fait construire des académies à Pélargir, Annuminas et Osgiliath, et s’était autoproclamé protecteur des arts, des sciences et des lettres. Dans ces lieux florissait la libre pensée, et les futures élites intellectuelles de l’Empire, qui attendraient les rangs de fonctionnaires. Azalcar, son plus fidèle conseiller, était originaire de cette élite là.

L’Empereur, Azalcar, et l’impératrice s’étaient rejoints dans les hautes tribunes, plongées dans la pénombre, qui surplombaient la salle du trône et se trouvaient au dessus des arcades réservées aux nobles. Azalcar lui avait raconté ce qu’il avait manqué, avant de disparaître. A présent, Barahir venait d’entrer dans la salle du trône, plus impudique et bravache qu’il ne l’avait jamais été. Avec ses propres gardes, qui plus est : Isildur soupira. Il se demanda ce qu’il avait pu rater dans l’éducation de son seul fils, son héritier : pourtant, il avait fréquenté très tôt son grand-père Amandil, homme très sage, jusqu’à ce qu’il soit prit de folie dans ses dernières années. Les meilleurs précepteurs avaient tenté de lui inculquer la tempérance et la clémence, qualités nécessaires à un bon empereur. Cependant, l’esprit de son fils était immanquablement rusé, et il sut directement que cette petite mise en scène avait pour but d’exaspérer son père, pour qui il n’avait pas les meilleurs sentiments. Barahir se pavanait et se comportait comme si l’Empire lui appartenait déjà. En comparaison, Aranir avait montré certaines qualités diplomatiques, qui l’avait poussé à refroidir les ardeurs de ces nouveaux arrivants qui sortaient de nulle part, et prétendaient avoir une place parmi les conseillers de l’Empereur. Qui étaient ces arrivants ? Posca lui avait dit qu’il s’agissait de Fingolfin, Haut-Roi des Noldor, de Gandalf le Blanc, Premier des Istari, et de Tuor Eladar, le héros des poèmes. Il avait éclaté d’un rire immense : les fables venaient leur rendre visite. Au début, il avait pensé à renvoyer ses saltimbanques, mais quand il aperçut la troupe, devant son trône, il se détrompa. Désormais, il ressentait plutôt une certaine appréhension. Morgoth, le Noir Ennemi du Monde, était-il de retour ? Dans ces cas là, où étaient les grands monstres des poèmes, et où était le colosse ténébreux venu apporter la nuit sur le monde ?
Isildur se remémora son cauchemar : il s’était senti happé par les ténèbres, et avait vu ce qu’un pouvoir détaché de ses contraintes morales pourrait accomplir. Il avait cru à un simple sursaut de ses passions humaines, sa volonté de puissance qui se manifestait dans son inconscient avec frénésie. Cette volonté, il l’avait toujours réfrénée par l’exercice de sa raison. Si son rêve lui avait paru vrai, c’était que ses passions étaient bel et bien dangereuses et véritables. Mais Morgoth, vraiment ?

Il se souvenait de ses longues discussions avec Azalcar : les Maiar n’avaient apporté que la mort et la destruction en Terre du Milieu. Leurs propres appétits, leur propre désir de divinité avaient mené le monde au bord de la ruine. Ils étaient l’hybris incarnée. Il fallait s’en méfier. Les hommes de l’Ouest n’avaient un souvenir ni bon, ni précis, du Magicien Blanc ou du Pèlerin Gris. Les Elfes, cependant, il leur faisait plus confiance. Sa fille Arwen n’était-elle pas le visage vivant de son ancêtre, comme le disaient les artistes ? Elle avait cependant, de façon très certaine, un caractère bien plus rétif, bien que moins mesquin que celui de Barahir. Les Elfes avaient donné leur sang à Dol Guldur et lors de la chute d’Arnor. Ironiquement, Dol Guldur était devenu le bastion du seigneur des Northmen, et la colline forestière les narguait toujours. Isildur regardait de dos le grand roi Fingolfin, qui était peut-être le seul égal qu’il trouverait jamais sur cette terre. Quant à Tuor, le solide gaillard qui était resté silencieux tout le long de la converstion, il pensa qu’il ferait un bon lieutenant dans sa garde impériale. Peut-être se laisserait-il convaincre par une somme mirobolante et un petit château, ce guerrier qui venait de nulle part.

La séance avait été levée comme prévu. L’Empereur et l’impératrice Altàriel se retirèrent déambulant de longs instants dans le palais. Ils allaient tous vers la salle de travail de l’Empereur. Le père allait accueillir le fils, assis à son bureau. L’impératrice serait assise dans un magnifique fauteuil doré.
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MessageSujet: Re: [Event] L'Ombre de Morgoth   Lun 4 Juil - 19:33

Si la surprise avait frappé Barahir au premier abord, le Prince sembla se ressaisir rapidement, et, à la surprise des trois émissaires, ne tarda pas à les tourner en ridicule, les intimant de partir avec leurs « sottises ». Fingolfin avait pensé, en entendant Olorïn mentionner l'ascendance du personnage, qu'il serait quelqu'un avec qui ils pourraient parler, mais ce qu'il voyait à la place était la personnification même de l'arrogance des Hommes. A côté de lui, il vit la déception dans le regard de Tuor : était-ce ainsi qu'étaient les dirigeants de sa race ? Plus que de l'arrogance, le mépris avec lequel Barahir les avait considérés, allant jusqu'à les qualifier indirectement de menteur, était le pire accueil que Fingolfin aurait pu imaginer.
La discussion n'était toutefois pas terminée, et l'Intendant intervint rapidement. Lui qui les avait traité avec dureté, prit soudainement leur défense, indiquant qu'ils étaient des invités de l'Empereur. Il entreprit ensuite de rabaisser le fils de l'Empereur, ou comme diraient d'autres, de le remettre à sa place. Par la suite, Aranir s'approcha d'eux, leur indiquant qu'on leur offrait des quartiers dans le palais et qu'ils auraient d'autres discussions avec l'Empereur en personne. Il les accompagna jusqu'à la sortie du grand hall, et s'excusa pour son comportement : cette façade était pour lui nécessaire, afin de donner une impression de force de la part de l'Empire. Fingolfin ne l'approuvait pas nécessairement, mais il comprenait au moins l'intention. Cela inquiétait toutefois le Haut-Roi des Noldor : cet Empire des Hommes était-il en guerre, ou sur le point de l'être ? Si tel était le cas, les événements s'annonçaient peut-être plus mal que les émissaires ne l'avaient craint.
Face à la question, Nolofinwë hocha gravement la tête :


-C'est effectivement le cas. Les Valar utilisent autant de pouvoir qu'ils le peuvent pour retarder son arrivée, mais ils ne font que retarder l'inéluctable. Nous avons la certitude que le Noir Ennemi finira par sortir de sa prison. Cela étant, si vous nous avez écouté, et êtes prêt à nous croire, il faut espérer que vous saurez convaincre les plus circonspects.


L'Elfe faisait évidemment référence à Barahir, et à ceux qui seraient comme lui : si trop de gens d'importance ignoraient l'avertissement, cela ralentirait les préparatifs, et ultimement, risquait de mener ce monde à sa perte... Repensant à ce que l'Intendant avait dit, il reprit :


-Avant que nous nous rendions à nos quartiers, laissez-moi vous poser une dernière question : vous avez parlé d'une menace sur cet Empire... Une guerre est-elle en préparation ? Et si oui, y'aurait-il moyen de l'éviter, afin que vous conserviez vos forces face au Noir Ennemi ?

Les émissaires écoutèrent avec attention la réponse de l'Intendant, puis le laissèrent. Accompagnés des deux officiers Noldor qui les attendaient à l'extérieur de la salle, ils furent guidés par un serviteur jusqu'à des quartiers qui avaient été préparés pour eux, leurs affaires y ayant déjà été déposées. Tandis que les deux officiers allaient ensuite rejoindre le reste de la garde, les trois émissaires discutèrent de la situation durant une longue heure, jusqu'à ce que l'on vienne frapper à leur porte, et qu'un nouvel individu se présente à eux.

[Mon ouverture sur la fin est pour Aglahad, vu qu'il était censé nous rencontrer en privé, mais si quelqu'un d'autre veut se présenter à nous d'abord, pas de soucis je suppose. Je propose dans tous les cas qu'un nouveau topic soit ouvert pour les discussions en PV entre les envoyés des Valar et les divers représentants qu'ils pourraient voir avant le début de la diète.]
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MessageSujet: Re: [Event] L'Ombre de Morgoth   Mar 5 Juil - 19:43

Chapitre 2 : Nàma Ataro

Le Jugement du Père

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MessageSujet: Re: [Event] L'Ombre de Morgoth   Mar 5 Juil - 20:02

Comme il s’y attendait, son cousin ne put s’empêcher de répliquer. Il le fit d’une manière délicate, ses insultes étaient voilées derrière une certaine courtoisie, mais Barahir savait qu’il avait mal pris son intervention peu amicale. Il eut un petit rire intérieur lorsqu’il mentionna la raison pour laquelle l’Empereur ne recevait pas ces individus… "des affaires urgentes", hah ! Avec un léger sourire, il inclina sa tête en direction de l’Intendant et prit sa place de l’autre côté du trône impérial. Il adorait taquiner Aranir, et lui rappeler qu’il n’était, après tout, "que" l’Intendant. Certes, c’était là une position extrêmement importante en réalité, mais l’orgueilleux prince héritier le considérait tout aussi moindre que n’importe quelle autre personne qui ne faisait pas partie de la lignée des Telcontars. Il était vrai que la dynastie des Intendants était proche de la maison impériale, mais le dernier mariage d’un d’entre eux avec une princesse Telcontar datait de longtemps, des siècles en fait.

Tandis qu’Aranir levait la séance, Barahir observa une nouvelle fois les trois inconnus. Il devait avouer qu’ils semblaient être des individus hors du commun, mais il avait toujours du mal à croire qu’ils étaient ces légendaires héros du Premier Âge. Non, ils devaient être des imposteurs. Il ricana presque lorsque l’Intendant les certifia que leurs soi-disant avertissements eurent été entendus. Aranir voulait sans doute se débarrasser d’eux le plus rapidement possible.

Une fois la séance levée et la salle du trône déserte, Barahir se leva également. Il avait précédemment fait signe à ses chevaliers de se ranger près du mur de la pièce, mais ne les avait pas envoyé hors de la salle. Il n’allait pas accorder cette petite victoire à son cousin. Maintenant, il leur fit signe de le suivre hors de la salle et se mit en route vers les quartiers de son père, l’Empereur Isildur.

Il trouva ce dernier dans sa salle de travail en compagnie de sa dernière femme, l’Impératrice Altàriel, originaire d’Umbar. Barahir ne la connaissait que peu, mais se méfiait de l’influence qu’elle pouvait potentiellement exercer sur son père. Elle était jeune – bien plus jeune que Barahir même – et d’une beauté remarquable… mais cette beauté cachait-elle une vipère sans scrupules ?

Arrivé à la salle de travail d’Isildur, Barahir ordonna à ses chevaliers de rester dehors en compagnie des gardes impériaux assignés à l’entrée de la pièce. Il frappa à la porte et après qu’une voix lui permit d’entrer, il pénétra dans la salle de travail. Son père était derrière son bureau. Altàriel, quant à elle, était assise dans un fauteuil doré sur le côté.


-Père, salua-t-il l'Empereur d’un ton froid. Quelle joie de te revoir enfin. Tu te fais rare à Annùminas… mais trêve de papotage banal, j’ai horreur de ça. La délégation d’Arnor arrivera très bientôt au palais. Pourrions-nous avoir un dîner en privé ? Je viendrai avec Melian. Ou as-tu d’autres plans ? Peu importe. En tous cas, j’estime qu’il est temps que tu me révèles la véritable raison de cette diète.
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MessageSujet: Re: [Event] L'Ombre de Morgoth   Ven 8 Juil - 20:30

Après avoir mis au clair la situation avec les envoyés des Valars, ces derniers se précuppèrent de la paix et s'interrogèrent sur la possibilité de maintenir cette dernière avec la menace orientale. L'Intendant resta vague sans s'avancer, il se doutait que les orientaux ne reculeraient pas sous la médiation de trois étrangers venus de Valinor et que le culte étendait son infuence chaque jour, menant sans cesse une propagande dirigée contre l'Empire.

Aranir resta assis sur son siège durant de nombreuses minutes attendant que la salle se vide lentement, les courtisans mirent un certain temps pour évacuer petit à petit la salle sous le regard de l'Intendant. Le dernier à partir fut le dernier à pénétrer dans la salle du trône, il s'agissait du prince héritier qui quitta cette première accompagné de ses chevaliers, Aranir soupira avant de finir son verre, cet homme était imprévisible et représentait pourtant l'avenir des Telcontar, souvent, l'Intendant se demandait s'il existait des moyens qu'un autre empereur prenne sa place. Les seuls qui auraient une légitimité serait sa propre maison mais sa loyauté était toujours intacte et le concordat de Linhir interdisait toute prétention. Une autre solution serait que la princesse Arwen mette au monde un fils, un fils qui aurait par conséquent le sang des Telcontar, un fils qui pourrait ainsi obtenir la loyauté des seigneurs de l'Empire au détriment de ce stupide prince.

L'Intendant porta sa main à son front afin de s'y appuyer, il chassa ces pensées de son esprit, il n'était pas un traître et il ne le deviendrait pas. Il se leva nonchalement et descendit les marches de la salle, il fut rapidement rejoins par quelques gardes et sortit. Il devrait se rendre au bureau de l'Empereur, à la fois pour discuter de ces invités avec lui mais également pour surveiller le prince héritier. Son père ne l'appréciait guère mais il restait un enfant capricieux qui pouvait influencer ce dernier. Il pressa le pas et aperçut rapidement les bureaux impériaux, gardés par deux gardes et la dizaine de chevaliers de Barahir, cet arrogant emmenait véritablement ces chiens partout, il devait véritablement être un lâche pour avoir besoin d'autant de garde. Aranir fut rattrapé par un fonctionnaire qui lui tendit un formulaire que le regard du dùnedain parcourut rapidement.

« Tss, la guilde des marchands nous demande un dernier paiement pour les victuailles du banquet. Bien, faites donc. »

Il prit la plume qu'on lui tendit et ratifia le papier avant de terminer les quelques mètres qui le séparaient de la porte et de congédier le fonctionnaire. Les deux gardes impériaux qui l'accompagnaient attendirent un peu plus loin tandis qu'il toquait poliment à la porte avant d'entrer. Il entendit rapidement la voix de son cousin et s'approcha du bureau pour saluer l'Empereur et sa compagne :

« Votre Majesté Impériale, c'est un plaisir de vous servir. Impératrice, vous êtes toujours aussi ravissante. Conformément à vos instructions, j'ai accueilli les envoyés. Néanmoins, j'ai bien peur que ces derniers ne soient plus difficile à influencer après avoir vu l'intervention d'un membre de la maisonnée impériale. »

Il s'inclina devant le couple impérial et attendit la réponse de l'Empereur.
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MessageSujet: Re: [Event] L'Ombre de Morgoth   Lun 11 Juil - 14:41

Aglahad venait à peine de finir son entretien avec les émissaires de Valinor, qu’un officier impérial vînt transmettre la parole de l’Empereur qui demandait sa présence immédiatement. Au moins il espérait avoir donné un meilleur accueil que ses homologues aux “invités” de l’Empire. Isildur voudrait sûrement voir sa fille, celui qu’on appelait Thalion en privé décida donc de prendre la liberté d’aller la chercher avant de se rendre à destination. Tout le monde savait très bien vers quel enfant allait la préférence de l’Empereur et ça même depuis la naissance de Barahir dans le Nord, sa soeur n’avait rien contre lui et elle l’appréciait même mais s’il le fallait nul doute qu’elle le sacrifierait pour ses intérêts, en réalité Aglahad pensait qu’elle était prêt à sacrifier n’importe qui du moment que ça lui profite au final. Derrière cette très grande beauté se cachait une flamme qui consumerait tout ce qui s’en approcherait trop près. Le palais impérial était immense mais le Prince du Sud était arrivé à bon-port, il toqua lentement sur la grande porte pour s'annoncer puis la poussa pour apercevoir son épouse avec deux servantes en train de la coiffer.

“Tu es en retard.”

Il s’adossa contre un mur, les bras croisés pour attendre qu’elle soit prête et enfin il répondit.

“Je sais désolé, je suis allé m’entretenir avec ces “envoyés”, je me devais de leur donner meilleur accueil au nom de mes aïeuls et de l’hospitalité.”


“Aranir n’a t-il déjà pas assez fait dans la salle du trône ?”

“Sans l’intervention de ton frère cela aurait été suffisant oui.”

“Ne lui en tiens pas rigueur, tu sais comment il est.”


“Oui, je sais. Mais je ne peux m’empêcher de penser que dans quelques années il sera empereur.”

“Ce n’est pas sûr…”


Aglahad décroisa les bras et se redressa après avoir entendu ces paroles, il savait très bien ce que sa femme voulait dire par ces mots. Il attendit silencieusement que les servantes finissent sa coiffure qui était de toute façon presque achevée et d’un claquement de doigts vif il les fit sortir rapidement. Il s’accroupit alors devant la fille de l’empereur qui était elle encore assit sur sa chaise, ceci dans le but qu’elle le regarde bien dans les yeux.

“Nous avons déjà parlé de ça. Tu sais ce que j’en pense, je t’avais déjà interdis d’en reparler surtout devant des servantes.”

“Elles me sont loyales, elles ne diront rien. Elles savent ce que je leur ferais si le contraire venait à se produire.”

“Toujours des menaces… lève-toi, ton père nous attends depuis de longues minutes déjà, je n’ai pas envie de le contrarier.”

En se levant de sa chaise, elle l’embrassa rapidement puis s’agrippa à son bras. Ils sortirent ensuite ensemble de la chambre et se dirigèrent vers le bureau de l’empereur, deux Chevaliers du Cygne se mirent à suivre spontanément, en arrivant devant la fameuse porte, Aglahad reconnut les gardes des autres seigneurs et réussit à déterminer facilement qu’il était le dernier à arriver, comme à son habitude mais mieux valait arriver dernier qu’en retard pour lui. Il fit signe à ses gardes d’attendre dans le couloir avec leurs semblables et pénétra ensuite avec Arwen dans le bureau de l’empereur. L’Intendant et le Prince Héritier étaient déjà posté devant le bureau et le couple dû se placer parfaitement à gauche du bureau pour pouvoir saluer convenablement le couple impérial.

“Empereur, Impératrice, nous sommes heureux de vous voir en si bonne forme.”

Ils s’inclinèrent discrètement pour respecter les usages de la cour puis ils se redressèrent et Aglahad lâcha le bras de sa compagne pour qu’elle aille saluer son père et son frère convenablement. De son côté il alla saluer discrètement Aranir qu’il avait connu il y a bien longtemps lorsqu’ils furent éduqués à Osgiliath par Amandil et sa cour puis bien entendu le Prince-Héritier.

“Désolé pour ce retard mon Empereur, j’ai bien reçu votre invitation à cette diète puis à cette réunion “privée” mais je n’ai pas pu m’empêcher d’aller parler à vos invités. Mais je suis maintenant à votre entière disposition.”

_________________



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